As d’Arc en ciel : la plénitude

L’As d’Arc-en-Ciel, c’est la récompense pour celui ou celle qui a su labourer la terre de son âme, semer dans le silence et l’attente, et récolter dans la lumière. C’est une prairie qui s’étend, large et généreuse, et au milieu, la bergerie. Une humilité bâtie par des mains calleuses mais aimantes, en dialogue constant avec la colline qui l’accueille. Ce n’est pas une domination de l’homme sur la nature, mais une entente, une entremise. Les brebis y passent, elles broutent et fertilisent, et la prairie, reconnaissante, pousse encore plus verte. La bergerie n’impose rien ; elle protège du vent et de la pluie, elle abrite des regards du renard et du loup, elle offre un refuge sans jamais détruire.

En regardant cette carte, je pense à ma fille. À cette inquiétude sourde qui me mord le cœur, même pour une opération bénigne. C’est dans l’ordre des choses que les enfants prennent leur envol, qu’ils affrontent leurs épreuves, mais quel père peut contempler cela sans un nœud dans la poitrine ? Pourtant, l’As d’Arc-en-Ciel me murmure : « Confiance. » Tout comme la prairie et la bergerie cohabitent, il faut croire que la vie sait se nourrir de nos craintes pour les transformer en lumière. Il faut accepter que nos mains ne peuvent pas tout retenir, mais qu’elles peuvent toujours bénir.

Et puis je pense à ce monde qui s’effondre sous la médiocrité. Ces hommes politiques braillards, qui courent après des ombres d’argent et de pouvoir, incapables d’aimer ou de voir. Cette industrie qui massacre les prairies, qui détruit les bergeries, qui n’entend rien de la symbiose sacrée. Ce commerce qui achète les cœurs et vend les âmes. On voudrait crier, pleurer, mais il faut plutôt bâtir, encore et encore. Des prairies nouvelles, des bergeries nouvelles, là où la lumière peut s’infiltrer.

Et dans ce tumulte, je pense à Jésus, sur la croix. À son dernier geste, son dernier mot. Donner une mère à Jean et un fils à Marie. Lui qui savait aimer jusqu’au bout, jusqu’à l’os, jusqu’à la moelle. Et ce regard pour Marie Madeleine, comme un « à bientôt » lancé dans l’éternité. C’est cela, la plénitude. Un amour qui se donne, qui dépasse, qui éclaire même dans les ténèbres. L’As d’Arc-en-Ciel, c’est cette lumière-là. Celle qui n’éteint pas l’ombre, mais qui lui donne un sens.

Rubaiyat

Sous l’arc-en-ciel, la prairie se déploie,
La colline écoute, la bergerie reçoit.
À l’amour divin, le monde se confie,
Et tout dans l’harmonie trouve sa foi.

Ghazal

Dans la prairie, la lumière danse,
L’herbe et le bois, une alliance immense.

La bergerie murmure, les brebis s’étendent,
Sous leurs pas, la terre doucement s’amende.

Ma fille, ma prière, une étoile dans le vent,
Que la lumière te garde, ô cœur battant.

Même Jésus, cloué, fit un don ultime,
Amour éternel, un geste sublime.

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