Cette nuit là !

Nos nuits d’angoisses

La nuit, une prison sans barreaux, m’a englouti dans ses entrailles moites. La sueur perle sur mon front, dégouline sur mes tempes, comme une rivière sale qui cherche à m’étouffer. Le cœur tambourine dans ma poitrine, une tension électrique me traverse, paralysante et sans répit. Impossible de saisir les lambeaux de cauchemars qui s’effritent entre mes doigts mentaux, laissant derrière eux une terreur sourde et indicible. Je suis coincé dans un espace sombre où le souffle manque, les murs invisibles se referment sur moi.

Je me réveille, mais la noirceur reste accrochée à mon esprit comme une ombre tenace. Je tente de me rendormir, mais l’angoisse m’attend, tapie dans l’obscurité. Le matin arrive enfin, mais rien n’a changé. La tension est là, palpable, une compagne indésirable qui m’accompagne hors du lit.

Je me force à faire du sport, espérant expulser cette énergie malsaine par la douleur physique. Chaque mouvement est une bataille, chaque goutte de sueur une tentative de purification. Je cours, je frappe, je m’épuise, mais l’angoisse reste, tapie, observant de loin, comme un prédateur jouant avec sa proie.

Le travail commence, une routine mécanique pour tenter de distraire l’esprit. Les chiffres défilent sur l’écran, mais les pensées sombres s’infiltrent, se glissent entre les lignes de code. Je me concentre, je m’efforce de rester ancré, mais c’est une lutte incessante, une guerre silencieuse dans le champ de bataille de mon esprit.

Les souvenirs de la nuit me hantent, des fragments de peur sans forme. Est-ce la mort qui s’approche ? Ou juste une autre couche de ma propre folie ? Je n’en sais rien, et c’est peut-être cela le pire. Les visages familiers me semblent étrangers, leurs voix distantes, comme un écho d’un autre monde.

Chaque minute s’étire, l’angoisse comme une seconde peau. La journée se traîne, lourde et oppressante. Les rituels du quotidien deviennent des fardeaux, chaque tâche un effort herculéen. Je suis prisonnier de mon propre esprit, enchaîné par des peurs sans nom.

Le soir approche, et avec lui, la crainte d’une nouvelle nuit. Je redoute de fermer les yeux, de replonger dans ce gouffre sombre et poisseux. Mais la fatigue finit par m’emporter, me jetant à nouveau dans les bras de l’inconnu, là où l’angoisse règne en maîtresse impitoyable.

Haïku

Nuit d’angoisse cruelle,
Sueurs froides et cœur battant,
L’aube sans répit.

Tanka

Nuit d’effroi muet,
Transpiration, cœur battant,
Ombres persistantes,
Matin de labeur hanté,
L’angoisse, ombre fidèle.

Sonnet ou presque

La nuit, telle une geôle sans fin ni porte,
M’étreint de ses griffes, sueur et terreur,
Ombres sans visage, présences mortes,
Mon esprit enchaîné, captive erreur.

Au matin, l’angoisse reste accrochée,
Poids invisible qui alourdit mon pas,
Je cours, je frappe, cherchant à expulser,
Cette peur sourde qui ne s’éteint pas.

Les chiffres défilent, écran de néant,
Mais mon esprit erre, perdu, agité,
Des pensées sombres se glissent, serpentant,

Chaque tâche un fardeau, une réalité.
La nuit revient, cruelle, promesse d’effroi,
Cycle infernal, je n’ai d’autre choix.

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