De Besse à Vassivière

En mon char (comme un cousin du Québec)
Prenais la route pour la chapelle de Vassivière.
Vassivière, comme cette autre Anne que j’aime tant à lire,
Anne comme la mère de Marie, vierge de Vassivière.
Petite paysanne auvergnate de bois noir brulé.
En route à peine, une question surgissait brulante,
Pourquoi Marie entend la parole d’IEL en veille
Alors que Joseph, cette même, ne l’entend qu’en songe ?
L’une est éveillée et l’autre, l’un est endormi.
J’étais sur ce questionnement char avançant
Et surgit en face une femme dans son propre char.
Seul un, seul une ne pouvait passer sur cette route.

Je m’arrêtais.
Elle passait.
Je lui souriais.
Elle me souriait.

Mon sourire était celui d’un homme pour une femme.
Elle n’avait, peut-être, qu’un sourire d’humain à humain ?
Sommes-nous humains avant que d’être femme ou homme ?
Non ?
Oui !
Mais je passais le rond point.
Un homme, oui un homme affiché, de 60 ans
Dans son rutilant costume de cycliste
Moulant à souhait
Arborait fièrement son paquet entre-jambage
Dans une bonne rondeur rangeant testicule et phallus.
Il déchargeait, tel apollon, son vélo hightech de son 4X4 neuf.

Sans ambiguïté
Sans aucun apparat d’écolo
Il désignait par sa présence semi-divine, aux jeunes femmes
Qu’il était le vrai objet de leurs désirs
Qu’il serait le professeur de leurs plaisirs
Qu’il était le maitre incontestable du sexe
Et le maitre à vélo.

Pourquoi cela m’était-il apparu évident ?
Je ne sais.
Approchant de la chapelle sur la montagne
Une course à pied se déroulait
Pour me rendre à la messe, je devais rouler au trot
Au trot du coureur.
Nouvelles questions sur mes sœurs et frères humains.
Je garais le char.

Assis en la chapelle de Vassivière
Après le Kyrie
Après le Gloria
Les lectures du jour.
Le bon samaritain de Luc 10 25-37
Alléluia
Et l’homélie du prêtre…
Étrange homélie.
Le bon samaritain, vous le connaissez.
Mais avez vous remarqué que Jésus répond. par questions.
Cinq fois.
N’est-ce pas le message ?
Être chrétien n’est-ce pas questionner ?
Tous les grands passages d’âge ne sont-ils pas questions ?
Du bébé à l’enfant :
Pourquoi ?
De l’enfant à l’adulte :
Pourquoi, comment, avec qui, pour qui ?
Et ensuite ?
Que devient un chrétien qui ne se pose plus de question ?
Sur IEL, la nature, sur l’autre, la sœur, le frère et sur soi ?
Est-il encore un chrétien ?
Ne s’est-il pas enfermé dans un stase de certitude,
Où pourrit une morale ancienne, plus requestionné ?

Alors j’avais mes réponses du jour.
Des réponses qui ouvrait la porte à 1000 autres questions.
Pourquoi ma poésie
Se rêvent-elle comme un haiku a plus de 1113 syllabes ?
Pourquoi être poète anarchiste de gauche et profondément catho ?

Et pourquoi en Présence d’IEL
Marie est-elle éveillée
Et Joseph endormi ?
Amen