La colère dans le cœur

Bobo tu es de la classe populaire moyenne,
Et tu te rêves bourgeois.
Comme jadis Bourgeois se rêvait noble !
Tu aimes ce que tu crois que Bourgeois, aime !
Et tu es larbins !

Je me sens enfant d’une classe populaire !
Skinheads des premières heures.
Soul, Ska, Reggae.
Desmond Dekker, Upsetters, The Rudies.

Populiste ?

Alors, vous y avez répondu…

Le Royaume d’Emmanuel Carrère

Aucune citation ne m’est venu quand je l’ai lu.

<Pas Gentils>

J’ai tout lu le roman, et jusqu’à al fin, car je voulais savoir !
Trop de pages ayant un goût de néant ! Ce néant absolue de non-temps, de non matière, le rien sans amour.
J’ai détester !
Une histoire d’un christianisme, basé sur sa petite personne à lui personnellement qu’il a, et, qu’il aime, heu, non voir qu’il aime se détester. C’est un selfie de lui-même devant une croix kitch.

Pendant trois ans, le monsieur a consommé de la FOI au kg, et puis maintenant, il est lassé, il s’ennuie le bonhomme, il doit consommer autre chose. Tien peut-être du végan ?

Je l’ai lu il y a deux ans, je viens de la vendre 50 centimes a un vide grenier !

Quelques temps après avoir vendu le roman, je lisait l’affaire Jésus d’Henri Guillemin, voilà quelque chose qui vaut vraiment le temps de la lecture sur un autre Jésus, et cela en moins de 200 pages.

</pas gentils>

Quand Yoga est sortie, je me suis dis « tient il va nous parler de son parcours en yoga et en déprime. En fait a par lui et ses malheurs rien ne semble vraiment intéresser. Et pourtant il vend son livre !

Je suis las, mais las !

Pour la sortie littéraire allez plutôt du coté d’Alain Teulié

Stella Finzi par Alain Teulié

Quelques belles phrases

Après le premier achat, je n’avais pas pu me retenir des autres. Et désormais, tous mes vœux de la veille avaient été exaucés. Un citadin accumule des songes, des insatisfactions, des déceptions, en fonction des choses qu’il aperçoit et ne possède pas.
Il l’ignore, mais la frustration est là, sournoise. Les devantures sont des mains qui nous ça ressent. Elles ne nous choient vraiment que
si on leur cède Or, la plupart du temps, on ne le peut pas.

En amour, les hommes sont des imposteurs. Leur sexualité les rend compulsionnels et menteurs. Ils jouent le personnage que la femme espère. Elle est l’auteur de la pièce, sans le savoir. Mais hélas elle confie son œuvre à de piètres interprètes. Sur la scène de l’espoir des femmes, les hommes sont de mauvais acteurs.

– Vous aimez trop la beauté pour vous attacher à moi. Et vous avez trop d’orgueil. Ce n’est pas dommage. C’est comme ça.
Je ne sus que répondre. Elle avait raison. La plupart du temps, elle se mettait sur moi. Elle était la maîtresse du jeu. Le mot maîtresse venait de là, du Moyen Âge. C’était le nom de celle qui décidait, qui testait le chevalier, pour voir s’il savait tenir ses ardeurs et les libérer quand elle le voulait. Elle me dominait, bien sûr. Personne n’avait su le faire, jamais. La femme en moi était comblée.

Mais je reviendrais sur cette citation, dans mes impressions de lectures

Impressions de lectures

A venir dans les jours qui viennent, mais

Certainement l’un des meilleurs romans de la sortie littéraire 2020. Loin des insincères romans d’Amélie Nothomb ou Emmanuel Carrère, dont nous rabatte les médias pour maximiser les profits sur quelques produits.

Cela faisait longtemps que je n’avais pas lu un roman aussi sincère d’un auteur. Mais j’y reviendrait. Uns sincérité qui a mon avis dépasse l’auteur lui-même.

L’auteur du roman Stella Finzi est un homme blanc de 60 ans, or, qu’avons-nous encore à dire, nous, les hommes blancs nés dans les années 60, nous, les baby-boomers devenus papy-boomers ?

Quand je regarde la génération d’hommes et femmes nés entre 1995 et 2005, je perçois un tel bouillonnement, un tel questionnement, une telle créativité, un tel sens de la responsabilité (que l’on retrouve dans les Z.A.D., le mouvement végan, la BD, le cinéma, le spectacle vivant, l’artisanat, la création en général) une telle remise en question des modes de vie, que je me rends compte que ce que nous avions cru immortel, ne l’est absolument pas. Les gens de ma génération ont en fait confondu immortalité et éternité.

Quand nous disions que l’argent doit arrêter de dominer les relations humaines (que ce soit entre les différents genres, phénotypes, orientations sexuelles), la réponse toute faite était invariablement « Cela a toujours était ainsi ».

J’imagine que déjà au cœur du 13ème siècle, la réponse était identique, même si le questionnement différait. Cette réponse toute faite est de tout temps, elle se résume à refuser de changer quoi que ce soit aux pouvoirs en place.

Qu’avons-nous donc encore à dire, nous, hommes blancs de ma génération qui sommes aujourd’hui souvent attaqués (et pas forcément toujours à tort) ? Ce que nous pouvons dire, et que nous sommes les seuls à savoir, c’est que nous ne sommes pas comme les hommes qui avaient 60 ans quand nous en avions 20 : le patriarcat n’avait pas encore été remis en question, la pensée bourgeoise dominait et le but de beaucoup de personnes était de vivre comme les bourgeois. Or les choses ont grandement changé et nous sommes ceux qui pouvons en attester. Nous avons vécu ce changement et nous pouvons en témoigner. L’auteur de Stella Finzi est un homme de cette génération-là et l’attaquer sur le fait qu’il soit homme blanc de 60 ans n’est pas juste. Il ne porte pas plus que moi tous les maux du monde qu’on nous reproche.

Beaucoup de choses ont bougées quand nous avions entre 20 et 40 ans, s’exprimant par les mouvements punk, rock etc…mais en sous-marin, le libéralisme se cachait derrière le mot liberté, il était déjà là, prêt pour sa victoire totale. Avec tout l’orgueil et la vanité qui étaient les nôtres de nous croire nous-même meilleurs que nos parents, nous étions sans le savoir en train de foncer vers l’individualisme et le narcissisme. Nous nous habillions de l’ironie comme s’il s’agissait de la plus haute forme de l’intelligence. Nous étions cool et « faisions la fête ». Erreur de jeunesse.

Aujourd’hui, à 60 ans, nous ne savons plus ce qui appartient au modèle de société qu’on s’est laissé imposer et auquel nous avons collectivement contribué, ou à nos véritables aspirations. Sans cette pression patriarchale bourgeoise blanche, quel serait notre chemin ? Il n’y a pas que Judith Butler dans les années 2000, ou Greta Thunberg aujourd’hui qui se soient posées cette question, même si je les respecte éminemment et pense qu’elles (et d’autres) posent les questions bien mieux que nous. Certains hommes blancs de 60 ans se posent également cette question.

Qu’avons-nous donc encore à dire, nous, hommes blancs de ma génération qui sommes aujourd’hui souvent attaqués (et pas forcément toujours à tort) ? Ce que nous avons à dire se trouve en creux dans le roman d’Alain Teulié Stella Finzi, et il ne faudrait pas se contenter de le lire superficiellement.

Ce roman est pour moi le meilleur livre de cette sortie littéraire. C’est une tornade, un choc, une parabole, une allégorie qui arrive exactement au bon endroit et au bon moment pour poser des questions aussi profondes sur le lien brisé qui se ré-invente en relation libérée et donc beaucoup plus riche et nouvelle. Comme les religions aussi, devraient se réinventer. Et cela n’a rien à voir avec une quelconque « innovation », il s’agit de découverte, d’invention, de création.

Ce roman est écrit par un homme à un moment de sa vie où il ne lui reste que la plus profonde sincérité que puisse avoir un auteur de ma génération. Nous sommes loin de ces romans-produits qui ne sont plus que des objets creux, standardisés et préfabriqués avec du sociétal dedans, comme des produits bio issus des chaines industrielles !

Le narrateur de Stella Finzi accepte d’être perdu et de se perdre à jamais car rien dans le monde ne peut plus lui offrir de savoir ce qu’il désire au plus profond de lui-même. Il est vide, vidé par son époque, sans épopée, sans aventure qui lui laisse du désir, sans joie de vivre. Il finit par détruire même les restes de ses liens avec autrui. Ce roman n’a rien de sociétal, il s’agit d’un hétérosexuel blanc très formaté par son temps : il refuse une relation avec une femme qu’il trouve laide, ainsi que la société lui l’a inculqué.

Or, plus le narrateur la décrit comme laide, plus, moi, lecteur, je la trouve belle, pour finir en apothéose de beauté. Beauté physique, psychique et spirituelle. C’est là une des plus merveilleuses réussites de ce roman : parvenir à faire sentir la beauté en la présentant comme de la laideur.

« – Vous aimez trop la beauté pour vous attacher à moi. Et vous avez trop d’orgueil. Ce n’est pas dommage. C’est comme ça. Je ne sus que répondre. Elle avait raison. La plupart du temps, elle se mettait sur moi. Elle était la maîtresse du jeu. Le mot maîtresse venait de là, du Moyen Âge. C’était le nom de celle qui décidait, qui testait le chevalier, pour voir s’il savait tenir ses ardeurs et les libérer quand elle le voulait. Elle me dominait, bien sûr. Personne n’avait su le faire, jamais. La femme en moi était comblée. »

Le seul reproche que je ferais à ce roman, tient précisément à cette dernière phrase, qui selon moi est une erreur : « La femme en moi était comblée. » Il aurait été plus pertinent de dire « L’homme en moi était comblé. » L’auteur aurait ainsi renoué avec la pensée celte que l’on trouve dans la Morte d’Artus de Thomas Mallory, car ce qu’attend le chevalier, c’est d’être dominé par le divin, et pour les chevaliers de la Table Ronde, le divin est un principe féminin.

Pour résumer, Alain Teulié nous offre ici les questionnements de toute une vie, sans fards. Il ne cherche pas à montrer un héros, il nous offre presque le constat de ses échecs et cela nous questionne. Le roman va plus loin qu’une simple sortie littéraire à la Nothomb, Carrère ou Reinhardt. Je pense qu’il faut vraiment se laisser envahir par les questions de notre temps en observant cette histoire comme une fractale de notre époque complexe. Il replace le féminisme comme un véritable humanisme.

« Le mot maîtresse venait de là, du Moyen Âge. C’était le nom de celle qui décidait, qui testait le chevalier, pour voir s’il savait tenir ses ardeurs et les libérer quand elle le voulait. Elle me dominait, bien sûr. »

Finalement, même un homme blanc de ma génération peut avoir quelque chose à dire aussi.

La pesanteur et la grâce par Simone Weil

Des citations qui me touchent

Être et avoir. – L’homme n’a pas d’être, il n’a que de l’avoir. L’être de l’homme est situé derrière le rideau, du côté du surnaturel. Ce qu’il peut connaître de lui-même, c’est seulement ce qui lui est prêté par les circonstances. Je est caché pour moi (et pour autrui) ; il est du côté de Dieu, il est en Dieu, il est Dieu. Être orgueilleux, c’est oublier qu’on est Dieu…

J’aime à croire aussi qu’après le léger choc de la séparation, quoi qu’il doive se produire pour moi, vous n’éprouverez jamais à ce sujet aucun chagrin, et que s’il vous arrive parfois de penser à moi ce sera comme à un livre qu’on a lu dans son enfance. Je voudrais ne jamais tenir d’autre place dans le cour d’aucun des êtres que j’aime, afin d’être sûre de ne leur causer jamais aucune peine.

Les textes de Simone Weil appartiennent à cette catégorie des très grandes ouvres qui ne peuvent être qu’affaiblies et trahies par un commentaire. Mon seul titre pour présenter ces textes est que mon amitié avec l’auteur et les longues conversations que nous eûmes ensemble aplanissent pour moi l’accès de sa pensée et me permettent de replacer plus facilement dans leur éclairage exact et leur contexte organique certaines formules trop abruptes ou insuffisamment élaborées. Il ne faut pas oublier en effet qu’il s’agit ici,
comme chez Pascal, de simples pierres d’attente, posées au jour le jour et souvent en hâte, en vue d’une construction plus complète qui ne vit, hélas ! jamais le jour.

L’amitié ne se laisse pas détacher de la réalité, pas plus que le beau. Elle constitue un miracle, comme le beau. Et le miracle consiste simplement dans le fait qu’elle existe. À vingt-cinq ans, il est largement temps d’en finir radicalement avec l’adolescence…

« Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »
Là est la véritable preuve que le christianisme est quelque chose de divin.

Ne pas juger. À la manière du Père des cieux qui ne juge pas : par lui les êtres se jugent. Laisser venir à soi tous les êtres, et qu’ils se jugent eux-mêmes.
Être une balance.
On ne sera pas jugé alors, étant devenu une image du véritable juge qui ne juge pas.

Père et la faiblesse du Christ se répondent. Absence de Dieu. Le royaume des cieux est comme un grain de sénevé… Dieu ne change rien à rien. On a tué le Christ, par colère, parce qu’il n’était que Dieu.

La religion en tant que source de consolation est un obstacle à la véritable foi : en ce sens, l’athéisme est une purification. Je dois être athée avec la partie de moi-même qui n’est pas faite pour Dieu. Parmi les hommes chez qui la partie surnaturelle d’eux-mêmes n’est pas éveillée, les athées ont raison et les croyants ont tort.

On dégrade les mystères de la foi en en faisant un objet d’affirmation ou de négation, alors qu’ils doivent être un objet de contemplation.

Mon expérience de lecture

A venir et j’avance de jour en jour. Je suis, par cela profondément bousculé. Je n’ai pas encore finis. Il me faut parfois relire plusieurs fois la même phrase, comme un refrain, une complainte, un oubli de soi.
à suivre…

Et voilà 10/09/2020 !

« Je digresse beaucoup, car je suis ainsi, les correspondances viennent et je n’y puis rien. »

1940-1942

La deuxième guerre fait rage.

D’un point de vue des personnes humaines qui vivent cette époque, ce temps la vie, les choix sont certainement très incertains. Je pense à mon père qui avait 20 ans, à mon grand père qui engagea sa famille dans la résistance, à ma grand-mère qui avait peur pour sa famille, mais aimait son époux.

Une petite philosophe de 32 ans rencontre un philosophe paysan Gustave Thibon. Et au cœur de cet amitié, la petite philosophe va remettre à cet homme de six ans son ainée, ses carnets et notes avant son départ pour les États-Unis.

En 1947, il en tire la pesanteur et la grâce. Ce qui fera connaitre Simone Weil.

Paradoxalement ce sont ces derniers écrits qui la révèleront comme une grand penseuse (panseuse) du 20ème siècle.

Le 28/08/2020 j’écoute les chemins de la philosophie. Adèle Van Reeth Reçoit Camille Riquier, philosophe de la croyance. Philosophe que je prends plaisir a l’écouter. Adèle lui demande s’il a déjà pensé a répondre à la question qu’est-ce que la philosophie ? Il dit que tout philosophe à un moment de sa vie, vers la fin, se pose la question de ce qu’est la philosophie. Il pense qu’il n’est pas encore assez mature pour se la poser. Alors je pense à Simone Weil et à la pesanteur et la grâce, et je comprends qu’elle a laisser en héritage à Gustave Thibon sa pensée autour de cette question. Elle va plus loin puisqu’elle associe cette question fondamentale à une autre qui est celle de la Foi, de Croire, de rechercher la pureté.

Cette compilation de carnets de notes de 1942 fait écho à une autre compilation de carnets de notes prises à la volé entre juin 1943 et novembre 1944 en Hongrie et qui seront publié en 1976, (j’avais 14 ans), les Dialogues avec l’ange.

Des mots, des phrases, des mois choisi qui font écho a une dimension, une vibration, une lumière dont on a le sentiment d’être coupé.

Les années 40 !

A-t-on idées encore de ce que cela pouvait être que de vivre dans ce monde ou il fallait choisir son camps ou n’en choisir aucun ? Et ces texte sont écrit a ce moment là ?

Cela me bouscule, cela m’interroge.

Lire la pesanteur et la grâce c’est prendre le risque de perdre pied et de comprendre par fulgurance et de perdre pied à nouveau. Surtout le lire en nos propre temps, ou la foi semble n’être plus qu’un mythe de petit enfant ayant encore un ami imaginaire. Où on peut rire de ce qui tente d’ouvrir cette toute petite porte, comme trou de souris dans la grande salle de bal du monde ou seul compte la réussite sociale, être populaire, être riche, avoir des choses que les autres, l’autre pourra nous jalouser, parce que nous le jalousons.

Et quand en plus du même temps on lit « histoire d’une âme » de Sainte Thérèse de Lisieux et qu’on est soi même dans l’attente d’une œuvre cinématographique d’un grand Roman : « Dune », on créer des singularités, des synchronicités, des états d’âme très étranges. Cela renforce alors ce que cette grande personne humaine, Simone Weil, à écrit quelques 80 ans plus tôt !

C’était il y a 80 ans.

Déjà 80 ans.

Et aujourd’hui 10/09/2020, un président se ventera de devoir prendre des décisions difficiles ?

Mon père

La colère comme mur de lonsdaléite
La colère comme fracassement
La colère comme néant

La colère comme explosion du cœur
Et dormir avec
Et se perdre avec

Alors mon père est venu
Il était doux
Il était sourire
Il était joie
Il était joueur
Bon joueur

Je ne reconnaissais pas mon père
Il me dit
Avec ma mort
Je me suis défait de la colère
Je suis tel que j’eu été sans elle.
Elle était ma croix

Elle est ta croix
Je suis venu t’aider un peu
A la porter quelques pas

Au matin, au réveil, j’en étais apaisé