l’Eucatastrophe d’estel

Dans Le Dieu de Tolkien écrit par Jean Chausse

Tolkien avait même inventé un terme pour désigner cette fin heureuse mais improbable. Il appelait cela une « eucatastrophe ». Or, la plus grande et la plus merveilleuse des eucatastrophes est sans conteste la résurrection du Christ.
Les Évangiles contiennent un conte de fées, […] ils contiennent maintes merveilles (particulièrement artistiques) belles et émouvantes, « mythiques », surtout, dans leur expressivité parfaite et cohérente; et parmi les merveilles se trouve la plus grande et la plus complète eucatastrophe qui se puisse concevoir. […] La naissance du Christ est l’eucatastrophe de l’histoire
de la Création. La Résurrection est l’eucatastrophe de l’histoire de l’Incarnation.

Cette manière de voir l’Incarnation comme le plus beau des contes de fées en tant que conte véridique a tout naturellement amené Tolkien à intégrer celle-ci dans un de ses récits imaginaires : le dialogue de Finrod et d’Andreth. Il s’agit d’un texte rédigé par Tolkien dans la fin des années 1950 et il constitue certainement l’un de ses écrits les plus théologiques concernant la Terre du Milieu. Il n’a été publié par son fils Christopher qu’en 1993, dans le dixième volume de The History of Middle-Earth.

Cette conversation est censée se dérouler au Beleriand durant le Premier Age, pendant le siège d’Angband, c’est-à-dire durant une période de paix.

Leur échange débute alors que Finrod vient rendre visite à ses amis humains et apprend à cette occasion le récent décès de Boron, leur chef et le grand-père d’Andreth. La conversation qui s’ensuit porte donc naturellement sur la mort et sa signification ainsi que sur le destin qui attend les Hommes et les Elfes après leur décès. Au cours de ce dialogue, Finrod initie Andreth à la subtile distinction entre l’espoir (amdir en sindarin) et l’espérance (estel). On peut ne plus avoir d’espoir à vue humaine, mais il suggère qu’il est possible de garder l’espérance.

Et donc

Cette phrase : « Quand on perd l’espoir, il reste l’espérance », m’a été une véritable claque. Depuis que je l’ai lue, je comprends mieux ma foi chrétienne, et pour être plus juste, catholique.
Oui, j’ai perdu l’espoir, un peu plus chaque jour, depuis que les pensées d’extrême droite s’infiltrent chez les vieux perdant le cœur et chez les jeunes masculinistes rendus fous par la peur inoculée par les médias et cette même extrême droite.

Ainsi, au vu de la marche du monde, il ne me reste qu’à nourrir l’espérance, comme une flamme fragile mais vive qu’on protège de la tempête « ouraganesque » à venir.

Alors je continue de réécrire Ichthus et Eoims, je continue d’aller au kendo, d’assister aux performances des danseuses, de lire des livres, romans, essais, thèses, écrits sur du papier. Je continue aussi à écouter Arrêt sur images, Blast, Le Média, Mediapart et lire La Croix.

Et paix sur vous.

Haïku

Flamme d’espérance,
Sous l’orage qui rugit,
L’aube se dessine.

Tanka

Quand l’espoir s’efface,
L’espérance reste vive,
Flamme vacillante,
Sous la tempête obscure,
Elle éclaire le chemin.

Trois autres haïkus

Mort et renaissance,
Eucatastrophe divine,
Paix au cœur troublé.

Sous l’ombre d’Angband,
Un mot brille : Estel pur,
Promesse sans fin.

Contes véridiques,
Naissance et Résurrection,
Joie au bord des larmes.

Une réflexion sur “l’Eucatastrophe d’estel

  1. 🕊️🕊️🕊️💖💖💖et be oui, l’espérance est ce qui nous reste et nous restera quand tout est perdu quand tous s’effondre, c’est elle qui nous tient et nous tiendra debout qui nous permettra d’esquisser d’affronter de rebâtir. Elle nous vient de Dieu de cette flamme et ne peut s’éteindre Ce serait le pire. elle nous éclaire et nous éclairera toujours en nous aidant à affronter le réel. L’espoir finalement est une invention mollassonne et bien uniquement humaine, l’espoir est un concept immature, presque de la magie, il faudrait que par magie nous n’ayons pas à affronter …. mais non. ca ne marche pas comme cela. c’est le sens de la croix, Jésus n’a pas perdu l’espérance au contraire elle est décuplée sur la croix, je n’ai plus la mémoire de l’évangile lorsque Jésus s’adresse au père dans sa terrible peur et que soudain, il s’abandonne dans un cri d’allégresse et d’extrême confiance. L’espérance c’est traverser les épreuves même les plus terrifiantes, et donc malheureusement celles qui nous attendent peut-être avec la Bête revenue ! 💖💖💖

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