Droit surpuissant de la bourgeoisie et vecteur d’inégalités profonde et mortifère. On ne se s’approprie pas non plus la vie, un brin d’herbe qui pousse entre deux plaques de bétons.
La propriété privée du père, donc du patriarcat, repose sur trois droits fondamentaux :
- Usus : le droit d’utiliser un bien.
- Fructus : le droit d’en percevoir les fruits (par exemple, les loyers).
- Abusus : le droit de disposer du bien (le vendre, le transmettre).
Ces droits, en apparence neutres, entraînent des conséquences sociales majeures. Le fructus et l’abusus sont les deux leviers qui permettent aux propriétaires de s’enrichir sans produire : ils tirent des revenus de leurs biens et les transmettent, souvent sans contrepartie productive.
À l’inverse, ceux qui ne possèdent rien doivent payer pour accéder à l’usage, sans jamais bénéficier des fruits ou du pouvoir de disposition. C’est un mécanisme qui reproduit les inégalités génération après génération.
Le rôle des politiques publiques
Les politiques fiscales et sociales peuvent corriger ou aggraver ces déséquilibres. Sous Emmanuel Macron, plusieurs réformes ont favorisé le capital :
Suppression de l’ISF, flat taxe sur les revenus du capital.
Réduction des APL, réforme de l’assurance chômage.
Explosion des niches fiscales immobilières.
Ces mesures ont profité aux plus riches, sans améliorer la situation des plus pauvres. Résultat : augmentation des inégalités patrimoniales et de revenus.
De manière plus concise comme un coup de poing à la face de la bourgeoisie.
Propriété privée : outil de fausse liberté et mécanisme d’inégalité devenu insoutenable
Derrière les trois piliers du droit de propriété, usus (usage), fructus (jouissance), abusus (disposition), se cache la réalité sociale que les classe moyennes veulent ignorée, et les classes les plus pauvre haïr l’autre, l’étranger.
Le fructus (percevoir des loyers c’est droit coutumier de passage sur les ponts du moyen-âge) et l’abusus (vendre, transmettre, détruire, bien garder l’équivalent en argent pour soi, ou dans le même cercle) sont les moteurs de l’enrichissement des plus riches. Ceux qui n’ont pas de patrimoine paient pour y accéder, sans jamais pouvoir en tirer profit.
Les politiques publiques pourraient corriger ces déséquilibres. Mais lorsqu’elles favorisent le capital (suppression de l’ISF, niches fiscales immobilières), elles creusent les inégalités.
La propriété privée n’est pas neutre. Elle est un levier politique. Et elle mérite d’être repensée, totalement.
Conclusion
La propriété privée n’est pas qu’un droit naturel et individuel : c’est un instrument politique.
Elle peut être un outil d’émancipation pour créer, mais reste surtout un vecteur d’exclusion car elle n’est plus régulée.
Il est temps de repenser les droits de propriété à l’aune de la justice sociale au sens le plus large du terme, éveil.
Il est temps de ne garder que l’usus, le droit d’usage mesurer à l’aune du général.
Tout ce qui est construction humaine doit payer le prix préalable à la vie : les animaux, les plantes, même les rochers sacrés.
Un bien, qu’il soit détenu par une personne, une famille ou un groupe, doit pouvoir revenir au commun, qui délibère pour le réattribuer.
Et toujours penser à toute la vie qu’il y a autour.
Nous devons sortir de cette boucle infernale de la propriété.
Revenir à une vision nomade de notre passage sur Terre.
Ce que nous fabriquons, ce que nous possédons, appartient au commun élargi. Les animaux ont des droits.
Je pense à cette phrase du pape François (RIP), répondant à une petite fille qui lui demandait si son chien irait au paradis :
« Les animaux, la vie, comptent sur nous. »
Alors soyons à la hauteur de cette attente.
Et n’oublions pas : le Paradis n’est pas un lieu.
C’est une falaise hors de notre Cosmos, à la lisière de tous les cosmos.
Là pousse l’arbre d’amour, qui est Dieu.
Il rayonne dans tous les mondes, dans tous les cœurs du vivant, avec sa propre intensité.
Être au Paradis, c’est être dans l’éternel hors du temps, contempler tous les âges, tous les êtres, tous les cosmos, en même temps.
Rien ne nous appartient, mais tout est à notre contemplation, sans Peur et avec Joie.
La pensée bourgeoise, apeuré nous a éloigné de tout cela, reprenons ce sentier de senteur qui nous réveille et nous éveille.
Haïku
Brin d’herbe fragile
perce le béton des riches,
vie sans propriétaire.
Tanka
Droit d’abus cruel,
fruit sans semence ni soin,
béton sur la vie,
l’usage seul est juste,
le commun est notre sol.
Sonnet d’un Shakespeare ivre
La propriété, ce droit qui fait les rois,
Trois piliers froids : usus, fructus, abusus.
L’un donne l’usage, l’autre engrange les lois,
Le dernier vend, transmet, garde sans refus.
Le riche s’enrichit sans œuvre ni sueur,
Le pauvre paie pour vivre, sans retour.
L’État, complice, creuse l’injuste douleur,
Et le capital règne sans amour.
Un brin d’herbe pousse entre deux dalles grises,
Il n’a ni maître, ni mur, ni clôture.
Il est la vie, la faille, la surprise,
L’éveil du monde à sa propre nature.
Reprenons l’usage, rendons l’univers,
À ceux qui vivent, libres et sans revers.