Les bruits du métro

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Les bruits du métro

Après les textes saints du jour,
je lis Notes intimes de Marie Noël.
« N’exigeons rien. Ne réclamons pas sans cesse de l’amitié, de la bonté, le plus dont elle est capable, mais soyons toujours reconnaissants pour le moins dont elle dispose… le peu qu’elle a et nous donne.
Et sachons attendre. L’instant vient où la grâce de l’ami lui sera et nous sera rendue. »

Je referme le livre.
Charles de Gaulle – Étoile.
Le métro claque, crie, s’élance.
Les corps marchent, mécaniques, vers leur correspondance.
Ça chuinte, ça cogne, ça souffle.

Milieu

Le couloir s’ouvre,
l’air s’engouffre en vent.
D’où vient-il ?
Où va-t-il ?
Premier escalator : grincement.
Nos pas se croisent,
rythmes dissonants,
vers le second escalator.
Repense au sans-abri du métro,
Rapproché à dix centimètres.
Il demande.
Je vacille.
Malaise.

Fin

Cris, rires,
fin de fête ou début d’errance ?
Portes du personnel,
portillons stridents.
Hall immense,
écrans, affiches,
bruits visuels jusqu’au bout.
Le RER arrive.
Un usager presse ses pas plastiques.
Moi, je marche lentement.
Mais j’y vais aussi.

Je monte dans le wagon.
Je rouvre Notes intimes.
Marie Noël, 1920… 1933.

« Se tuer ? On ne se tuerait pas assez.
On ne tuerait pas son âme.
Qu’est-ce que supprimer la chair ? »

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