l’Arcane 6 : Le Fardeau

Ah, le fardeau. Cette image où l’on voit un homme plié sous le poids de ce qu’il n’a pas choisi, avançant sous les injonctions d’un maître. Voilà la vie bourgeoise, cette mascarade qui nous enseigne à obéir aux mensonges : « sois ceci, fais cela, deviens ce que l’on attend de toi. » Mais l’Arcane du Fardeau nous chuchote une autre vérité : tout cela n’est qu’un théâtre grotesque. Les poids que nous portons, nous les acceptons bien trop volontiers. Nous avançons dans des chemins qui ne sont pas les nôtres, aveuglés par des promesses creuses, écrasés par les attentes des autres.

Et pourtant, la vérité est là, dépouillée, nue. Elle ne demande aucun effort, seulement un regard honnête. Pas besoin de devenir, seulement d’être. Le Christ l’a dit dans Matthieu 11, 28-30 : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et je vous soulagerai. » Mais qui entend encore ces paroles ? Les socialistes qui trahissent leur raison d’être pour un morceau de pouvoir ? Ceux-là ne sont pas fatigués de leur mensonge. Ils ne cherchent pas la vérité, seulement un siège doré, un discours convenable.

Et moi, dans ce matin hésitant, je pense au Kendo. J’aime cet art, cette quête d’instantanéité et d’attention pure dans la relation à l’autre. Mais aujourd’hui, m’y rendre serait porter un fardeau. Alors je me tiens à distance, car je sais que l’authenticité ne peut fleurir que dans l’envie véritable, pas dans l’obligation.

Dans ce monde, je rêve de littérature, mais pas de cette littérature édulcorée pour apaiser les consciences endormies. Je rêve de textes où les personnages ne se contentent pas de survivre dans un monde bancal, mais éclairent la route vers une réalité souhaitable. Là où le fardeau du petit esprit bourgeois, de ses ambitions fades et de ses faux-semblants, s’est effondré en silence. Là où les hommes et les femmes ne portent plus de chaînes invisibles.

Alors, peut-être, abandonner ce fardeau, c’est retrouver la lumière. Peut-être qu’écrire, c’est cela : poser les poids à terre, défaire les nœuds du mensonge, et inviter la vérité à respirer.

Rubaiyat

Sous le fardeau, l’homme marche, ployé,
Des chaînes invisibles le cœur lacéré.
Laisse tomber le poids, la lumière attend,
Car seul dans l’être l’éternel est trouvé.

Ghazal

Le fardeau pèse, mais il n’est qu’un mensonge,
Dans l’ombre de l’esprit, il allonge son songe.

Tu avances, chargé de ce que l’on t’impose,
Mais la vérité éclaire, douce et morose.

Le Christ murmure : « Dépose tes chaînes,
Et dans la lumière, oublie tes peines. »

L’homme libre chante, son âme dévoilée,
Sous l’arbre du réel, il s’est allongé.

Dans les mots et les songes, la route s’éclaire,
La vérité s’offre, simple et solitaire.