Vérité raconte
Je suis la Vérité, et je vous conte une histoire, une légende venue du fond des âges, où un jour, moi-même et le Mensonge, nous nous sommes croisés.
– Bonjour, dit le Mensonge, avec un sourire trompeur. – Bonjour, répondis je, pleine de méfiance.
Le Mensonge, sans vergogne, ajouta : – Belle journée, n’est-ce pas ?
Alors, en quête de véracité, je me rendis au-dehors et constatai que, oui, le ciel était dégagé, et le soleil rayonnait. Je dus répondre, bien malgré moi : – Belle journée, en effet.
Le Mensonge, toujours plus insidieux, continua : – Le lac est encore plus beau aujourd’hui.
Je tournai mon regard vers le lac, et le Mensonge disait vrai. Les eaux scintillaient sous le soleil, promettant une fraîcheur agréable. Je hochai la tête, acceptant cette vérité partielle.
Le Mensonge, rusé et tentateur, s’approcha de l’eau en courant : – L’eau est encore plus belle et tiède. Allons nager !
Je trempai mes doigts dans l’eau. Elle était tiède, accueillante, véritablement attrayante. En ce moment, je crus en lui. Nous enlevâmes nos vêtements et plongeâmes dans l’eau, nageant ensemble.
Mais le Mensonge, fidèle à sa nature, sortit de l’eau avant moi. Il s’habilla de mes vêtements, se drapa dans ma pureté et s’en alla, me laissant dénudée.
Incapable de supporter les habits du Mensonge, je me retrouvai nue, exposée à tous. Les gens, effrayés par ma nudité crue, me fuirent, me laissant seule et vulnérable.
Attristée et abandonnée, je me réfugiai au fond d’un puits, cachée des regards. Depuis ce jour, les hommes préfèrent le Mensonge déguisé en Vérité, plutôt que de me voir, moi, la Vérité nue et sans artifices.
Et voilà, chers amis, comment le Mensonge, par sa ruse, a réussi à tromper le monde, tandis que moi, la Vérité, je demeure cachée, attendant ceux qui ont le courage de me chercher au fond de ce puits.
Mensonge raconte
Ah, mes petits, écoutez bien, parce que c’est pas tous les jours qu’on vous raconte la vie telle qu’elle est, avec ses ruses et ses coups bas. Un jour, moi, le Mensonge, j’ai croisé la Vérité, cette godiche, sur le chemin. Je lui balance un « Bonjour » bien mielleux.
– Bonjour, dit-elle, toute candide.
Je la regarde droit dans les yeux et lui lance : – Belle journée, non ?
La Vérité, pas futée pour un sou, va vérifier. Et bien sûr, c’était vrai, le ciel était dégagé, les oiseaux chantaient. Elle me répond alors, un peu bête : – Belle journée, effectivement.
Je vois bien que je l’ai ferrée, alors je continue : – Le lac est encore plus beau aujourd’hui, avec ce joli sourire qui ne me quitte jamais.
Elle regarde le lac, elle voit que je dis la vérité, alors elle hoche la tête, sans méfiance.
Ni une ni deux, je cours vers l’eau et j’ajoute : – L’eau est magnifique, tiède à souhait. Viens, on va nager !
La Vérité, toujours aussi naïve, plonge ses doigts dans l’eau. Elle est vraiment belle et tiède, alors elle me fait confiance. On enlève nos fringues et on se met à nager, comme deux copains de toujours.
Mais voilà, le temps passe et je sors de l’eau avant elle. Je m’habille avec ses vêtements, ceux de la Vérité, et je me tire en douce.
La Vérité, pauvre cruche, incapable de supporter mes guenilles, commence à marcher nue. Et là, c’est le drame. Tout le monde la fuit, effrayé par sa nudité criante.
Triste et abandonnée, la Vérité va se planquer au fond d’un puits. Et depuis ce jour, les gens préfèrent écouter et croire le Mensonge bien habillé que la Vérité toute nue.
Voilà, mes petits, c’est comme ça que ça se passe. Le Mensonge, c’est moi, je m’habille de beaux atours et je fais mon chemin. La Vérité, elle, reste cachée, loin des regards.
Haiku
La vérité nue,
Dans le puits sombre se cache,
Mensonge triomphe.
Tanka
Vérité sans fard,
Mensonge vêtu de soie,
Nageant côte à côte,
Les gens fuient la vérité,
Le mensonge règne en maître.
Sonnet
Dans la lumière crue d’un matin sans égard,
La Vérité, candide, croisa le Mensonge.
Ce dernier, charmeur, tissant son doux langage,
Fit croire à l’innocente un conte sans rempart.
« L’eau du lac est belle, et tiède, viens nager ! »
Promesse perfide sous un sourire faux,
La Vérité, touchant l’onde, sans repos,
Suivit le mensonge dans son jeu léger.
Mais au sortir de l’eau, le traître s’habilla
Des vêtements de l’autre, et s’enfuit sans regard.
La Vérité, dénudée, sans espoir,
Fut rejetée, honnie, sans autre choix.
Depuis, la Vérité, cachée au fond du puits,
Regarde le Mensonge paré de ses habits.
J aime beaucoup mais là je suis depuis ce matin je ressens un profond malaise de la grandeur grandiloquente qu a pris le mensonge. De qui est ce texte ?
Je suis parti d’un texte qui existe que j’ai trouvé de ci et de là et j’ai voulu faire parlé Vérité en Mensonge. Mensonge est forcement grandiloquent comme il est aujourd’hui ! C’est un peu triste, oui.