Hommage à Simone Weil : jour 7

Dans la Pesanteur et la Grâce

Poésie : douleur et joies impossibles. Touche poignante, nostalgie. Telle est la poésie provençale et anglaise. Une joie qui, à force d’être pure et sans mélange, fait mal. Une douleur qui, à force d’être pure et sans mélange, apaise.
Beauté : un fruit qu’on regarde sans tendre la main. De même un malheur qu’on regarde sans reculer.

Et Alors ?

Alors, dans ce foutoir du monde, dans ce chaos qui nous dévore, je m’accroche à La pesanteur et la Grâce de Simone Weil. En relisant ces pages, les fantômes de ma mère resurgissent. Elle, coincée dans sa schizophrénie et ses dépressions, cherchant Jésus-Christ comme un amour charnel, rêvant d’être Angélique marquise des anges. Elle aurait voulu voir sa mère, morte quand elle avait six ans, canonisée. Ma mère écrivait des pièces de théâtre sur la vie des saints dans ses cahiers d’écolière, priante et acharnée collectionneuse de médailles miraculeuses. Brillante et vive, peut-être incapable d’aimer vraiment. Elle se plongeait dans La petite Thérèse, dans Simone Weil, dans Angélique marquise des anges.

Et maintenant, nous sommes à douze jours d’un possible basculement dans le fascisme, d’une tempête qui ne fait que croître. Il faudra surfer sur cette vague de chaos, retrouver le sens de la poésie, ce que ma mère m’a légué. Nous deviendrons des surfeurs dans l’ouragan humain, naviguant à travers le désordre pour retrouver la beauté cachée dans la tourmente.

Haïku

Dans le chaos noir,
L’héritage maternel,
Poésie renaît.

Tanka

Tempête humaine,
Poésie en héritage,
Souvenirs renaissent.
Sur les vagues du chaos,
L’amour maternel brille.

Sonnet ou presque

Dans le tumulte d’un monde en détresse,
Je m’accroche à l’éclat de ma mère,
Sa folie, un phare dans la tempête,
Ses rêves de saints, sa foi qui éclaire.

Elle, perdue entre folies et espoirs,
Cherchait Jésus dans chaque ligne,
Écrivait des pièces aux larmes d’ivoire,
Avec l’ardeur d’une âme bénigne.

À l’aube d’un fascisme menaçant,
Je relis Simone et retrouve sa voix,
Dans chaque vers, dans chaque instant,

Surfer sur le chaos, c’est notre loi.
Ma mère, poétesse dans l’âme,
Nous lègue sa force, son intellect, sa flamme.

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