Texte de Kant : le despotisme bienveillant
Même bienveillant, le despotisme détruit nos droits fondamentaux en faisant de nous d’éternels mineurs:
« La liberté en tant qu’homme, j’en exprime le principe pour la constitution d’une communauté dans la formule : personne ne peut me contraindre à être heureux d’une certaine manière (celle dont il conçoit le bien-être des autres hommes), mais il est permis à chacun de chercher le bonheur dans la voie qui lui semble, à lui, être la bonne, pourvu qu’il ne nuise pas à la liberté qui peut coexister avec la liberté de- chacun selon une loi universelle possible (autrement dit, à ce droit d’autrui). – Un gouvernement qui serait fondé sur le principe de la bienveillance envers le peuple, tel celui du père envers ses enfants, c’est-à-dire un gouvernement paternel, où par conséquent les sujets, tels des enfants mineurs incapables de décider de ce qui leur est vraiment utile ou nuisible, sont obligés de . se comporter de manière uniquement passive, afin d’attendre uniquement du jugement du chef de l’État la façon dont ils doivent être heureux, et uniquement de sa bonté qu’il le veuille également, – un tel gouvernement, dis-je, est le plus grand despotisme que l’on puisse concevoir (constitution qui supprime toute liberté des sujets qui, dès lors, ne possèdent plus aucun droit) ».
KANT
Comme clément, je déteste ce mot de : BIEN-VEILLANT
Haïku
Liberté bridée,
Despotisme doux, enfants,
Libres, mais mineurs.
Tanka
Sous l’œil bienveillant,
Libertés s’étiolent, pères
Dictent nos bonheurs.
Nous, éternels mineurs,
Cherchons nos propres aurores.
Sonnet ou presque
Sous le joug clément d’un guide paternaliste,
Nous devenons enfants, dépourvus de nos droits.
Dans cet enclos doré, bienveillant, mais étroit,
Nos âmes sont muettes, notre élan, minimaliste.
Kant nous éclaire, de sa voix humaniste,
Sur la liberté, ce choix royal, qui doit
Nous appartenir seul, loin de tout décret droit,
Sous le sceau du respect, non d’un œil égoïste.
Ainsi, nous errons, bienveillants enchaînés,
Cherchant dans les interstices de l’édit,
Notre chemin vers un bonheur non dicté.
Mais dans cette quête, l’esprit s’éclaircit,
Comprend que même sous des airs d’amitié,
Le despotisme doux reste notre ennemi.