Pour du persil, elle a voté « Oui »

Comme une suite a « m’aimes tu ? ».
Comme une nouvelle de science-fiction

— Le persil est une plante bisannuelle : la première année, il développe son feuillage et nous en cueillons puis passe l’hiver avec sa rusticité. Quand vient le printemps de la deuxième année de culture, le pied va prendre très vite de la hauteur, fleurir et produire ses graines, on ne le cueille pas. Le cycle est alors terminé et le pied de persil meurt pour renaitre à nouveau deux ans plus tard.
— Quel rapport avec ce que tu me demandes, Marie ? Je vois bien votre cercle de permaculture, ici à Paris. Pourquoi m’as-tu emmené ici ? Je suis députée et je n’ai pas beaucoup de temps. Tu me disais que c’était important.
— Avec Jeanne, nous voulons des enfants.
— Et alors, cela fait plus de 10 ans que la PMA est votée, et grâce à nous, pas à tes amis catholiques.
— Tu ne comprends pas. Nous voulons des enfants. Des enfants naturelles sans faire intervenir labo et médecins et nous voulons aussi qu’ils ou elles aient un père.
— Et bien, vous savez ce qu’il vous reste à faire, non ?
— Nous voulons un père officiel suivant les lois humaines et temporelles. Nous aimerions que tu appuies la loi du polymariage.
— Toi, vous, les franches cathos ? Et pourquoi ne pas épouser un prêtre tant que vous y êtes ? François II à bien finit par en faire une encyclique et une bulle papale.
— Oui, depuis que l’église accepté que l’évangile ne parle pas de célibat, mais essentiellement de nuptialité.
— Tu sais bien que je suis athée et que je sais qu’il n’existe aucune transcendance.
— Non ! Tu ne sais pas ! Tu crois juste en la non-existence d’IEL ou de toute transcendance. C’est une croyance. Je n’en sais pas plus que toi, mais j’ai confiance en la vie, en l’amour qui nous lie comme un fil de soie léger. Et j’espère la Foi comme un cadeau et pour cela avec Jeanne nous nous entrainons par des actes de foi, comme le credo ou l’aide que nous apportons aux migrants. Comme nous nous entrainons en kendo, pour atteindre l’ippon libérateur qui vient comme une grâce, après avoir beaucoup travaillé. Je sais que ta voix compte à l’assemblée. Et je sais que tu peux permettre de voter le polymariage. Et oui, notre époux devant les hommes sera un prêtre, pour l’instant il est juste séminariste. L’église a beaucoup avancé et en mettant la sorofraternité au centre, elle est une des plus grandes représentantes de ce qu’était la gauche. Alors, je t’en prie, reviens à gauche.
— Marie, la professeuse de littérature, poétesse-romancière, pratiquant et enseignant à Paris la permaculture et Jeanne, l’astrophysicienne de renom qui a découvert 18 planètes habitables, veulent épouser un prêtre au nom de leur Dieu-Déesse, que sais-je. Mais te rends-tu compte qu’une telle loi ouvre la voie aux polygamies des musulmans qui enferment encore leurs femmes dans des harems et des burkas ? Je me décrédibilise en faisant cela.
— Regarde comment fonctionne ce cercle de permaculture. Tu sais qu’aucunes et aucuns d’entre nous ne maitrisent vraiment ce qui va se passer, ce qui va pousser, offrir, mourir. Chaque jour, le cercle offre ses fruits inattendus, mais chaque jour il offre ses fruits. La loi que je te propose de voter est écrite comme un cercle d’accueil à permaculture.
— Écoutes, vous avez sapé l’économie libérale avec vos idées et vos façons de vivre se contentant de peu et maintenant vous voulez saper l’individualisme et la liberté individuelle.
— L’égoïsme et l’hypernarcissisme, pour autre chose de plus doux, mais pas de moins palpitant. Tu vois bien, nous ne sommes pas revenus au temps des guerres de religion ou aux âges sombres d’après empire romain. Je ne veux pas te convaincre, car je ne veux pas te vaincre, je veux juste ce que je t’ai dit soit entendu et seul toi peux savoir quel est le meilleur chemin, l’autoroute de goudron tout droit ou le sentier sinueux rempli de beauté.
— Tu sais que je t’aimais ?
— Je sais que tu me désirais. Et je t’aime. Je ne désire pas t’offrir ma jouissance du corps, je ne peux t’en donner une en retour. Il existe pourtant un lien entre nous. Un lien doux et joyeux qui connait ses moments de bonheur. Je suis attristé que ton corps soit frustré.
— Je vais laisser reposer tout cela. Le vote est dans 2 semaines.
— Viens manger avec nous trois le dimanche après le vote. Quoique tu votes, je nous ferais une purée de persil, elle réveillera le souvenir de Sainte Énimie.

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