Quelques Matins du monde

Eye of the Tiger

Nous avions des voix d’adolescents qui cherchaient à se caler sur des marches militaires détestées. Nous haïssions l’armée, nous haïssions la guerre. Pourtant nous rêvions de violences et de courir ensemble dans un même rythme. Nous lisions Dune et nous embarquions pour Arakis, marcher avec les Fremens, marcher dans leur pas de guerriers libérateurs sans rythme. Nous étions jeunes et nous vivions nos contradictions comme de grands paradoxes spirituels. Nous étions des garçons qui voulions gardés nos jeux d’enfants avec la certitude que cela faisait de nous des adultes, des hommes.
Et elles sont arrivées. Elles avaient durant le temps de l’adolescence pris tant d’avance sur nous que nous fumes mitraillés dès le premier regard, dès le premier mot d’amour. Elles étaient des femmes avant même que nous soyons des hommes. La musique enfantine s’était arrêtée.

Singe au sourire triste

C’est au détour dune rue que je suis tombé sur lui ce soir d’hiver 1993. Il était là, en plein milieu du carrefour. Il arrêtait les voitures pour sauver le jeune chat affolé. L’homme n’avait plus que la peau sur le os, et des guenilles lui servant d’oripeaux. Il bouger tel un épouvantail battu par les vents mauvais de l’hiver. Et il criait : « mais faites attention au chat, automobiliste du diable. Il a le droit de vivre le chat. » et dans un geste inattendu, il s’empara prestement du chat qui allait passer sous la roue avant gauche du 4×4. Alors apaisé, le chat dans les bras, il revient vers le trottoir, sa maison, et il arborait ce sourire qui depuis me hante, celui d’un singe triste. Même quand on n’a plus rien, il y a toujours un jeune chat maigre à qui donner son amour.

Odeur de Citron

Hélène sur ses longues jambes maigres marchait dans la ville avec nous, arborant son Levis 501. Elle portait toujours son sac de cuire en bandoulière comme Zapata portait ses cartouchières pour faire la révolution. Hélène était brune, fine le regard bleu acier et le sourire cristallin. Un sourire qui se brisait soudain sous la voix de l’homme qui se comportait en propriétaire. Quand elle était avec nous, elle était garçon, quand elle retombait sous son influence, elle redevenait petite fille. Elle était notre copain, et elle demeurait sa chose. Si nous lui disions qu’il abusait d’elle, il se dégagé d’elle une telle fureur qu’elle nous acidifié le cœur. Encore aujourd’hui je me demande ce qu’est devenue Hélène. Qu’est devenu mon copain des villes ?

Miroir

Un matin d’oraison, un son, une image, un mot. Et me voilà partant derrière le miroir. La moitié de Roire.

Le chêne blanc qui était le symbole de la puissance et de la force. La moitié de ce Robur le conquérant. Sa moitié, son épouse perdue, son âme en miroir, voilà ce qu’elle lui adressait par delà le néant. Oh Nemo, tu as tellement cherché cette époque perdue que tu as perdu la porte qui te conduisait vers elle. La porte de la confiance, mais, tu ne savais que voir le néant. Il te fallait pour la retrouver t’y jeter en ayant une confiance absolue, la Foi.
Ce matin encore, dans mon matin d’oraison carmélite, je me demande si je ne suis pas un miroir de ce Robur de Jules ?

Mes Voyages de Jim à Jules.

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