Quand tu étais sous le figuier par Adrien Candiard

Citations

On raconte, dans la tradition ancienne des moines d’Égypte – les « Pères du désert: que le diable, déguisé en pauvre, était venu frapper à la porte d’un monastère pour tenter les frères. Il frappe, pas de réponse. Il frappe à nouveau, sans plus de succès. Il frappe, il appelle; derrière la porte, on lui répond enfin: « Que veux-tu ? » « Je suis un pauvre (un pauvre diable ?), dit le diable. J’ai besoin de votre aide. » On lui répond: « Laisse-nous, nous sommes en train de prier. » Alors le diable se réjouit: « Inutile d’entrer, remarque-t-il. Je suis déjà à l’intérieur.

Un de nos frères racontait dans un livre qu’il était sorti des études, dans les années 1960 je crois, bien décidé à apporter des réponses à un monde qui ne cesserait de lui crier, comme dans le Psaume: « Où est-il ton Dieu ? » Il était prêt à répondre, mais a découvert à son grand désarroi que cette question, personne ne la lui posait. Les gens n’en voulaient pas à Dieu, ne cherchaient pas Dieu, ne demandaient pas de comptes à Dieu: à des degrés divers, ils lui étaient tout simplement indifférents.
Les prédicateurs le savent bien : si on veut que les gens nous écoutent, il faut aller les chercher où ils sont, et parler des questions qui les intéressent, pas de nos marottes personnelles.

On peut aller au catéchisme, à l’aumônerie de son lycée, en aumônerie étudiante, puis fréquenter sa paroisse tous les dimanches sans jamais avoir eu le moindre indice sur la manière de s’y prendre. Moi-même, on ne m’a jamais rien expliqué avant mon entrée au noviciat, où j’ai été initié à la vieille méthode dominicaine, précise et infaillible: « Tu te mets à genoux pendant une demi-heure, et tu vois ce qui se passe. » Alors entendre dire que c’est la respiration même du croyant, c’est assez culpabilisant, et même franchement asphyxiant… Il y a de quoi se demander si on est vraiment croyant !

Elle serait si belle, la fraternité, si douce, si l’on ne se faisait jamais de mal ! Mais la fraternité, ce n’est pas cela. C’est peut-être l’amitié. La fraternité, c’est autre chose. C’est une relation qui survit au mal. mais où on ne doit pas s’habituer au mal: on apprend à le dépasser. Jacob et Ésaïe s’en veulent assez pour ne pas s’adresser la parole pendant des années. Mais Jacob va nous montrer la voie pour en sortir, le seul remède pour vaincre le mal: le pardon.
Un double pardon, du reste. Car entre les deux frères, les torts sont partagés. Il faut donc à Jacob un double courage: celui de pardonner et celui de demander pardon. C’est le cœur du véritable combat de Jacob.

Le pardon passe toujours par la vérité. Appeler un chat un chat, et un mal un mal. Il n’y a rien à attendre de la mièvrerie quand elle a lieu aux dépens de la vérité.

Si J’aime cette voix, si j’aime cette intelligence, si je sais les apprécier, si je sais m’en réjouir pleinement, alors toutes ces belles choses m’appartiennent pleinement. C’est comme si c’était ma voix, puisque je sais en profiter! Les façades n’appartiennent pas à leur propriétaire, mais à leur vis-à-vis, c’est-à-dire à ceux qui en jouissent et à ceux qui s’en réjouissent

Et peu à peu apparurent d’autres ennemis : la paresse, telle ou telle addiction, la faiblesse de la volonté, les mauvaises habitudes le découragement, choses qui en nous nous empêchent de faire ce que nous voulons. Cette difficulté à réaliser ce que nous voudrions faire. Ce qu’on appelle, en théologie chrétienne, d’un nom technique: le péché originel.

mais ce dont ils devraient se confesser, c’est de cette confession même; se confesser, non d’en demander trop au Seigneur, mais de ne pas lui demander assez. Le péché, c’est toujours une affaire de gagne-petit: un pécheur, c’est quelqu’un qui se contente de peu. Qui, se sachant fait pour l’infini, se contente d’objets finis et dérisoires pour remplir ce vide et cet appel : l’ambition, l’argent, l’égoiïsme…

Expérience de lecture

En cours et à venir…
… j’aime à le lire par petites touches pointilliste … Comme un livre d’heure et de méditation matinale.

Bien sur qu’il me fallait le lire. Et voilà un chemin qui ouvre des portes étonnantes sur ce que cela veut dire avoir la Foi. En fait on devrait dire offrir sa foi, car c’est un acte qui consiste à donner sa confiance. Donner sans arrière pensée, sans même un signe en retour. Et cet acte, en lui-même porte sa propre joie.

Je suis en joie parce que je te fais confiance, et quoi que tu fasses je ne me sentirais pas trahit. Maintenant, il ne s’agit pas de rester sous ce figuier où la joie m’a été donné, mais au contraire de se risquer à marcher sur l’eau, et débrouille toi pour que je ne sombre pas. ET je te fais confiance, parce que c’est ton problème que je ne sombre pas.

Et je découvre en fin de lecture tout l’humour libérateur, celui qui allège et pas celui qui alourdis. De la même façon qu’il n’y a qu’un seul amour, qu’il soit vécu avec le corps, la psyché et l’esprit, il n’y a qu’un seul humour qui allège.

Et voilà, je découvre le marque page que j’avais utilisé tout au long de cette lecture, un marque-page » de la Musardine, cela a quelque chose de savoureux et finalement qui est bien en accord avec cette lecture.

dav

Je crois que j’ai une affinité avec les dominicains.

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