Devant une citation qui suggère avec une aisance déconcertante que si l’enfant ne connaît pas le respect, il n’y a que les parents à blâmer, mon cœur s’est serré d’indignation. Comme si les maux de notre temps pouvaient être isolés dans le cercle étroit de la famille, sans égard pour le tumulte extérieur qui assaille chaque jour nos existences. « C’est la faute de l’individu », clament ils. L’individu parent, l’individu enfant, toujours l’individu, jamais la société, cette vaste nébuleuse qui façonne pourtant avec une puissance inégalée nos valeurs, nos croyances, nos défaillances.
Mais quelle myopie faut-il pour ignorer que nous sommes élevés dans un berceau néolibéral, un système qui prône sans cesse l’individualisme, qui exalte le narcissisme, qui glorifie la compétition brutale entre les âmes et entre les classes? Ce n’est pas de responsabilité individuelle dont notre société manque, mais d’une conscience collective, d’un sentiment de communauté qui transcende l’égoïsme forcené semé par des années de doctrine capitaliste.
Et à cette assertion nauséabonde, je réponds avec véhémence : NON ! N’essayez pas de m’endormir avec vos discours de déresponsabilisation, un autre lieu commun bien pratique. Les apologistes du néolibéralisme crient à tue-tête « J’assume ! », mais n’est-ce pas là leur manière détournée de dire « J’en ai rien à faire de vous »? Ils se drapent dans une prétendue acceptation de leurs actes pour mieux détourner le regard de leur abandon, de leur renonciation à tout ce qui fait une société juste, équilibrée, fraternelle.
Dans l’arène de ces débats, il est vital de redéfinir le respect non comme une relique du passé familial, mais comme le pilier d’une société qui se soucie réellement du bien-être de chaque citoyen, indépendamment de sa naissance, de sa race, ou de sa classe. La lutte n’est pas seulement contre l’irresponsabilité des individus, mais contre un système qui enracine, nourrit, et justifie l’indifférence.
Et la dame de me répondre que je tiens des propos haineux, alors de lui répondre :
Dans les échos sonores de la messe à Reims, un commandement résonne, vibrant d’un amour qui a traversé les âges : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimé. » Mais dans ce sanctuaire d’humanité, les actes de certains semblent sourds à cette divine injonction. J’ai observé, avec une tristesse profonde, comment un couple bien mis, tout drapé dans sa respectabilité bourgeoise, disposait promptement d’une veste sur un banc, barrière fragile et pourtant si lourde de signification, pour interdire à un jeune homme noir de partager leur espace.
Cette scène dépeint non pas un acte isolé de mépris, mais un symptôme de notre société, cette grande machine bourgeoise et capitaliste qui, dans son entêtement, refuse de reconnaître ses responsabilités. Ce n’est point de la haine qui m’anime, mais un constat douloureux que le respect se perd, érodé par les préjugés et une peur irrationnelle de l’autre, de l’étranger, de celui qui se tient à nos portes, dehors, là où les remparts de notre confort semblent les plus fragiles.
Triste réalité, où l’amour prêché est retenu en otage par ceux qui, par peur de perdre leur prééminence, s’accrochent à un ordre dépassé. Aucune animosité en moi, juste une mélancolie qui s’élève comme un chant funèbre pour le respect et la fraternité, trop souvent sacrifiés sur l’autel de l’intérêt personnel et de la conservation sociale.
Haïku
Dans l’écho lointain,
Un murmure de respect,
Société sourde.
Tanka
L’individu crie,
Sous le poids des ombres grises,
Système implacable,
Parents et enfants perdus,
Dans la brume du néant.
Sonnet ou presque
Dans le vaste champ des âmes abandonnées,
Où chaque cri se perd dans le silence froid,
La société dresse ses barricades noires,
Blâmant toujours l’individu isolé.
La famille, un rocher contre la tempête,
Se voit chargée du lourd fardeau des fautes,
Tandis que le grand flux du monde indifférent
Roule, imperturbable, écrasant la tendresse.
Où est donc le respect, ce lien sacré,
Quand les parents seuls portent cette croix?
Non, ce n’est pas l’individu, mais ce monde austère,
Qui forge les cœurs durs sous son emprise sévère.
Réveillons donc ce rêve de fraternité,
Pour bâtir enfin une ère de vérité.

❤️❤️❤️🔥🔥🔥🙏🙏🙏 tes écrits devraient aller au delà de tsuvadra. Pourquoi pas dans une messe ? Des bisous.