Soif par Amélie Nothomb

Des aphorismes

L’énigme du mal n’est rien comparée à celle de la médiocrité. Pendant leur témoignage, je sentais leur plaisir. Ils jouissaient de se conduire comme des misérables devant moi.

J »ai la conviction infalsifiable d’être le plus incarné des humains. Quand je m’allonge pour dormir, ce simple abandon me procure un plaisir si grand que je dois m’empêcher de Gémir.

S’il avait déboulé dans la rue par hasard et s’il m’avait vu tituber sous la croix, il aurait eu, je pense, la même réaction, il aurait couru me secourir. Il y a des gens comme ça. Ils ignorent leur propre rareté. Si on demandait à Simon de Cyrène pourquoi il se conduit de cette manière, il ne comprendrait pas la question : il ne sait pas qu’on peut agir autrement.

Cette comédie atroce n’était-elle donc que l’œuvre du diable ?
Oh, j’en ai assez de celui-là. dès que ça foire, on l’invoque. C’est facile. Là où je suis, je m’autorise tous les blasphèmes : je ne crois pas au diable. Croire en lui, c’est inutile. Il y a bien assez de mal sur terre sans en rajouter une couche.

Maman, quel privilège d’être ton fils ! Une mère qui a le talent de faire sentir à son enfant combien elle l’aime, c’est la grâce absolue. Je reçois cette ivresse qui est moins universelle qu’on le pense. Je suis pâmé de plaisir.

Cela n’empêche et n’empêchera pas une importante proportion des gens d’affirmer qu’il n’y a rien après la mort. C’est une conviction qui ne me choque pas, si ce n’est par son aspect péremptoire et surtout par l’intelligence supérieure dont se targuent ses tenants. comment s’en étonner ? Se sentir plus intelligent qu’autrui est toujours le signe d’une déficience.

Expérience de lecture

Madame la baronne Amélie Nothomb est une autrice, une écrivaine qui par 27 fois a affrontée les affres de la solitude pour écrire 27 romans depuis 1992. Il n’est aps possible de contester ce travail et ce que cela engendre. J’ai lu un certain nombre de ses romans et bine souvent avec un réel plaisir, un coin des lèvre prêt au sourire. Le plaisir de lire était presque physique.
Solitude et plaisir physique sont exposé aussi dans Soif !

J’aime les Loukoums, mais les Loukoums ne me surprennent plus. J’ai un réel plaisir à manger un Loukoum, mais je n’en ai plus le désir, parce que cela ne surprend plus, et que je ne me dis pas que je vais vivre une nouvelle expérience. Je désir encore le Saint Nectaire Fermier, parce que quelquefois il me déçoit et parfois il me ravie. J’ai encore envie de vivre l’expérience du Saint Nectaire Fermier.

Et bien, il fut un moment ou les romans d’Amélie Nothomb me firent l’effet Loukoum. Si je le lisais, j’éprouvais ce plaisir attendu, mais plus de désir.

Et puis mon épouse entend parler de Soif sur France Culture. En cette rentrée littéraire on entend beaucoup parlé de Soif et d’Amélie Nothomb dans les média qui font l’opinion. Comme chaque année ces média ne présenteront que 20 romans sur les 350 qui sortent. Et se seront encore des romans exposant les problèmes LGBT, la Shoah, le nazisme et avec un peu de chance un problème sociale comme égalité homme-femme, le meurtre des femmes, le réchauffement climatique et la nature ou les inégalités qui s’accentuent. Aucun roman offrant des portes de sorties, imaginant une nouvelle voix, apportant des possibilités nouvelles de vivre. OK c’est comme ça.

Bref, voici Soif, un roman ou le Christ s’exprime à la première personne du singulier : « JE ».

D’accord, je suis surpris, un désir né. Je descends chez mon libraire de quartier et je l’achète.

J’ai éprouvé un réel plaisir physique à le lire. Il y a de vrai beau passage. Simon de Cyrène et Véronique sur le chemin de croix sont magiques et véritablement inspiré. La mère de Jésus, Marie est une très belle figure et elle garde son aura sacrée. Mais…

…Mais, Madeleine… Madeleine ??? La relation de J2sus et « Madeleine » est d’une trivialité confondante, j’ai presque eu l’impression de lire du Barbara Cartland (RIP Madame). Et là j’ai retrouvé le ton détaché et désinvolte de madame la Baronne. Je perdais la profondeur du sujet. J’ai aussi parfois pensé à l’aventure de Madame Muir (le film de Mankiewicz). Non cela n’allait pas.

Réduire l’amour a ses sensations physiques est très réducteur, Mais cela reste dans l’aire du temps ou amour = Sexe = Plaisir ! Les grecs anciens avaient trois mots pour désigner l’amour : Éros, Philia, Agape. A perdre la vision ternaire on perd beaucoup. J’espérais qu’elle la réintroduisait, que son sujet serait aussi Corps, Âme (Psyché), Esprit.

Bon aller, je finis par quelques points positif, Juda est vraiment bien, ainsi que l’évocation de Pierre et Jean.

Bon, il y a un point théologique avec lequel je suis en désaccord avec Amélie Nothomb, c’est le passage concernant le diable. Le diable existe, il n’est pas le Mal, il est l’Alternative. Il ne peut y avoir de liberté s’il n’y a pas d’alternative. Le diable est celui qui nous susurre à l’oreille l’alternative possible, mais c’est nous qui faisons le choix.

Une réflexion sur “Soif par Amélie Nothomb

  1. Pingback: Une désacralisation un peu creuse (Soif, Amélie Nothomb) – Pamolico : critiques, cinéma et littérature

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