Méditation brutale et lucide dans un monde en feu
En lien avec l’actualité géopolitique et l’effondrement moral du monde, sans introspection nombriliste mais avec une lecture lucide et cruelle du réel.
Il faut comprendre ce que cette carte ne dit pas. Elle ne parle pas du renoncement. Elle n’exalte pas la médiocrité. Elle n’excuse pas la lâcheté. Elle révèle, sans s’excuser, le secret de ceux qui, dans un monde effondré, choisissent encore de jardiner. Pas pour le folklore. Pas pour Instagram.
Mais parce qu’il n’y a plus que cela à faire : tenir debout dans les gestes minuscules, pendant que les puissants éventrent la planète.
Dans l’image, une femme penchée sur la terre, concentrée sur un travail humble.
Pendant ce temps, Macron serre les poings comme un petit César putride rêvant d’être un grand guerrier conquérant pour avoir sa dose de pouvoir.
Pendant ce temps, les drones survolent Rafah.
Pendant ce temps, le bruit médiatique enfle comme une flatulence dans un salon mondain.
Et pourtant, il y a encore des mains qui coupent du pain, qui bordent des enfants, qui soignent des vieux.
La carte ne vous demande pas de rêver. Elle vous demande de voir clair. L’illusion n’est plus dans les médias, elle est dans l’héroïsme affiché, dans l’indignation décorative. Le vrai héroïsme consiste à laver une chemise tachée de sang sans détourner le regard.
La banalité devient ici le dernier territoire de la vérité : ce qu’on ne filme pas, ce qu’on ne poste pas, ce qui ne fait pas carrière. Les gestes infimes, réitérés sans reconnaissance, sont les seuls qui ne mentent pas.
Le reste – discours, plans, stratégies – n’est que mise en scène.
Regardons donc Gaza, l’Iran, le petit royaume de France dirigé par son roitelet de pacotille qui s’approche de la guerre à pas feutrés.
Ne cherchons pas le grand discours.
Ce que cette carte demande, c’est de continuer d’agir, sans illusion et sans décor.
Non pour se sauver, mais pour ne pas devenir, nous aussi, des bourreaux indifférents.
Ne pas chercher à être utile. Être vrai.
Rubaiyat – Du jardin sans spectateurs
On tue, on ment, on vote, on mange, on meurt.
Moi, je sème une graine comme on offre une sœur.
La gloire est une plaie pour les peuples muets ;
mieux vaut un geste simple que mille heures de peur.
Ghazal – Pour la poussière et pour l’ombre
Je n’ai rien crié quand la terre trembla.
J’ai mis mes mains dans la boue, c’est tout.
J’ai vu l’enfant au sol, j’ai vu l’écran.
Mais c’est la poussière que j’ai touchée.
À quoi bon l’art, s’il ne lave rien ?
À quoi bon la lumière, si elle fuit l’ombre ?
Il reste ce pain que je coupe.
Il reste l’eau que je verse. Et c’est assez.
La fleur que j’ai cueillie ce matin n’avait pas de nom.
Elle n’était ni pour l’art, ni pour l’oubli, ni pour l’offrande.
Je l’ai prise entre deux poubelles,
et j’y ai vu le visage d’un enfant de Gaza.
Le soleil frappait le trottoir comme une bombe,
mais elle, fragile, s’est tenue droite, sans théâtre.
J’ai compris alors que ce que je devais sauver
n’était pas le monde – mais la manière d’y toucher.
Haïku – Geste minuscule
Bruit des bombardiers
dans ma main une carotte
coupée sans trembler.
😌🙏