« Si vous, les hommes blancs, n’étiez jamais venus ici, ce pays serait toujours comme il l’était. Il serait tout pur ici. Vous l’appelez sauvage, mais ce n’était pas vraiment sauvage, c’était libre. Les animaux ne sont pas sauvages, ils sont simplement libres. Et c’est comme ça que nous étions. Vous nous appeliez sauvages, vous nous appeliez des barbares. Mais nous étions juste libres ! Si nous étions des barbares, Christophe Colomb ne serait jamais sorti vivant de l’île.
Notre religion consiste à remercier le Créateur. C’est ce que nous faisons quand nous prions. Nous ne Lui demandons rien. Nous Le remercions. Nous Le remercions pour le monde et chaque animal et plante qui s’y trouve. Nous Le remercions pour tout ce qui existe. Nous ne tenons pas pour acquis qu’un arbre soit simplement là. Nous remercions le Créateur pour cet arbre. Si nous ne Le remercions pas, peut-être que le Créateur enlèvera cet arbre… Nous sommes faits de la Terre Mère et nous retournons à la Terre Mère. Nous ne pouvons pas « posséder » la Terre Mère. Nous sommes simplement en visite ici. Nous sommes les invités du Créateur. »
Citation : Leon Shenandoah, ancien « Tadodaho » du Grand Conseil de la Confédération des Six Nations Iroquois.
Sources : American Indian Heritage (« Iroquois Confederacy and Spiritual Leadership »)
The Haudenosaunee Confederacy (« Great Law of Peace and Philosophy »)
Depuis mes seize ans, en 1978, je me suis toujours tourné vers les spiritualités des peuples natifs d’Amérique du Nord. Elles portaient quelque chose qui me touchait plus profondément que le catholicisme dans lequel j’avais pourtant grandi. Une intuition, une évidence silencieuse : leur rapport au Sacré, à la Terre, à la gratitude, me parlait d’une manière que je ne savais pas nommer.
Puis, en 2018, j’ai fait retour au catholicisme, guidé par le Pape François et Laudato si’, cette encyclique qui fait enfin dialoguer foi chrétienne et soin de la Création. Ce fut un pont, une jonction inattendue entre ce que j’avais cherché adolescent et ce que je retrouvais adulte.
Aujourd’hui, je ne sais pas encore quoi penser de Léon XIV. Trop raisonnable, trop équilibriste peut‑être. On verra bien. Mais au sein de ma paroisse, dans ma vie quotidienne, et avec celles et ceux avec qui nous essayons de bâtir quelque chose de commun, je demeure dans ma foi.
Et pourtant, il y aurait tant à apprendre des enseignements de Leon Shenandoah, cet autre Léon.
Je ne peux les ignorer.
Je ne veux pas les ignorer.
Car Dieu, Abbahimma, Père, Mère, Souffle, est aussi présent en eux, dans leurs prières, leurs chants, leur vision du monde. Et cela fait désormais pleinement partie de ma foi : reconnaître que le divin se laisse percevoir dans chaque tradition qui remercie la Vie plutôt que de la dominer.
Haïku
Sous le vent ancien,
la Terre parle encore bas,
nous passons, invités.
Tanka
Terre-Mère veille,
nos pas s’effacent en elle ;
gratitude en cœur.
Le Créateur nous regarde,
comme un hôte aimant ses hôtes.
Trois autres haïku
Feuilles dans la lumière,
un murmure de prière,
l’arbre remercie.
Chemins entremêlés,
des nations et des croyances,
même souffle en nous.
Sous l’aube fragile,
mes doutes s’ouvrent comme fleurs,
Abbahimma parle.

❤️ ça m insupporte cet aspect de l église catholique le rejet des autres foi
Le Pape François affirmait régulièrement que les religions doivent servir de ponts, jamais de murs.
Il insistait sur :
– la lutte commune contre la pauvreté,
– la protection de la planète,
– la condamnation de toute violence commise au nom de Dieu,
– le respect mutuel entre croyants.
Il considérait que Dieu agit aussi en dehors du christianisme et reconnaissait la valeur spirituelle d’autres traditions religieuses.
Respect profond pour les religions autochtones
François défendait souvent l’idée que les peuples autochtones possèdent :
– une sagesse spirituelle importante,
– une relation exemplaire avec la nature,
– des traditions à protéger, non à assimiler.
Il critique explicitement toute forme de colonisation culturelle ou religieuse menée par l’Église dans le passé.
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