8 d’eau : le lâcher prise

Le Lâcher Prise : Un cri dans le silence bruyant du monde

C’est une carte qui ne ment pas, une lame acérée comme la vérité. Elle ne caresse pas dans le sens du poil, elle tranche. Le « 8 d’eau » parle d’un abandon, d’une dissolution, d’un renoncement à cette gangue de contrôle, à cet ego qui se bat contre des moulins à vent. Ce matin gris, à Paris, à la frontière entre le 19ème et le 20ème, je vois des cuisines du monde se croiser, des effluves d’épices et de cultures. Mais derrière cela, je vois aussi l’impuissance, la solitude, cette humanité qui, comme moi, désespère.

Gaza, Palestine, génocide. Ce ne sont pas juste des mots, ce sont des abîmes. Et comment dire autrement ? Comment ne pas vomir sur cette bourgeoisie occidentale qui érige la propriété privée comme totem et qui, sous prétexte de modernité, s’abreuve de la souffrance de tout ce qui vit ? Cette même bourgeoisie qui a permis, en silence ou avec complicité, des massacres innommables. Les larmes de l’histoire juive, si réelles, si poignantes, sont devenues les armes de l’oppression des Palestinien·ne·s. C’est là que l’humanité devient une farce macabre, un simulacre. Dieu, pardonne-leur, mais moi je ne peux pas.

Et pourtant, cette carte m’appelle à lâcher prise. Non pas à abandonner le combat, non pas à me soumettre, mais à laisser tomber le masque. Ce masque de colère qui, au fond, me ronge de l’intérieur. Le patriarcat, la propriété privée, la domination humaine sur la nature – tout cela a métastasé dans un néolibéralisme si hideux qu’il semble absorber la lumière elle-même. Et moi, seul, je n’ai pas la force de briser cette chaîne. Alors, cette carte, cette goutte de rosée posée sur une feuille de lotus, me dit : « Rends-toi. Pas à eux. Pas à leurs structures. Mais à l’océan. »

Lâcher. Tomber. S’abandonner à l’infini. C’est ça, le « 8 d’eau ». Refuser de se battre pour briller, refuser d’être plus qu’une vague parmi d’autres. Parce qu’au bout du compte, ce n’est pas ma colère ou mon ego qui changeront le monde. Ce sera ma capacité à rejoindre l’océan, à m’unir à ce qui est plus grand que moi. À aimer malgré tout, même quand cela semble impossible.

Rubaiyat

Sous le voile de l’eau, la lumière s’incline,
Une goutte de rosée sur la feuille divine.
Lâcher les chaînes, s’offrir à l’océan,
Et briser l’orgueil, ce feu qui décline.

Ghazal

Dans l’océan, chaque vague porte un nom,
Mais aucune n’est reine, aucune n’a de royaume.

À quoi bon s’élever si l’on tombe plus bas,
Le vent seul murmure des secrets aux rochers d’argile.

Je pleure Gaza, je pleure la Terre et les cieux,
Mais qui écoute, quand le silence nous tue ?

Sur la feuille, la rosée danse un instant,
Puis s’abandonne à l’éternel, au grand tout vivant.

L’église, les ruines, la croix et la flamme,
Rappellent la réconciliation, l’amour infâme.

Jean, toi qui pleures, relève le regard,
Là où l’infini efface tout cauchemar.

2 réflexions sur “8 d’eau : le lâcher prise

  1. Sœur Christine m’a dit : « Soyez porteuse d’espérance » alors je me permets de partager sa phrase et sa joie : soit porteur d’espérance mon cher frère. Le silence de l’adoration qui précède les laudes ou les vêpres est un temps mystérieux de dialogue ou pas d’ailleurs 😉🤕 qui m’a ouvert sur une manière aidante au lâcher prise. 🙏✨✨✨

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