J’y reviens de toute façon.
J’ai envie (en vie) d’écrire : Les âges de la vie selon Christiane Singer.
La première question à laquelle je dois répondre est : « Comment ai-je rencontré ce livre ? » dans la collection ESPACES libres d’Albin Michel et classé comme « Écritures » la bien nommée.
Celle dont je suis le compagnon depuis 1983, issue d’une famille athée, a toujours un appétit spirituel. Pour ma part, je m’étais éloigné de l’église catholique depuis mes 18 ans. Mais je conservais sous forme de questionnement un regard vers le spirituel, surtout venant des natifs américains. Et puis plus tard, Dialogue Avec l’Ange et d’autres livres autour.
En 2016, celle dont je suis devenu l’époux selon la loi, m’emmène à Chartres visiter (comme on visite une amie) la cathédrale. Le soir, nous assistons à la Messe dans la crypte. Je ne me sens pas à l’aise.
En 2017, elle m’emmène à Rocamadour pour tout un week-end, le moment où je sens que je me suis exclu moi-même, c’est au moment du « donnez-vous la paix » et que je sentais que mon égo n’arrivait pas à s’ouvrir aux autres.
Et au début 2018, nous allons voir le film L’apparition de Xavier Giannoli, avec Vincent Lindon et Galatéa Bellugi un samedi à 22h00. Le chauffage tombe en panne et nous voyons ce film dans un froid piquant, mais une chaleur intérieure nous embrase. En rentrant, je n’ai qu’une seule envie, aller dans l’église de la paroisse entendre la messe.
Je me mets au fond, le curé traverse la Nef, salue et avant la bénédiction dit :
Chers amis, je suis heureux de vous dire que quelqu’un nous revient ce matin, … je m’effondre en larmes, … c’est la statue de la petite Thérèse qu’une paroissienne sculptrice a réparée et qui revient dans sa chapelle.
C’était fait et j’apprends dans la suite de la Messe que nous étions le premier dimanche de carême de 2018. Alors, oui, je suis revenu, j’ai suivi l’école d’oraison carmélite proposée par la paroisse et le parcours redécouverte pour ceux qui veulent adulte approfondir leur foi et pour les recommençants comme moi. Et puis de fil en aiguille, j’ai rejoint ce groupe qui organise ce parcours redécouverte.
Et c’est lors d’une de ces animations, après mon topo sur l’esprit saint, que ce paroissien, avec qui j’avais déjà parlé, me demande si je connais Christiane Singer. Je ne la connaissais pas. Il m’envoie un lien YouTube pour l’écouter et aussitôt, j’achète ce livre.
Et j’en suis bouleversé.
Je ne lis pas pour me divertir, ni pour assister à des arabesques d’écriture spectaculaire de virtuose, je lis pour les montagnes de questions que cela provoque, pour ébranler mon égo et le mettre en mouvement.
Ce livre est une expérience en soi, un dialogue avec l’âme. Je témoigne de ma foi, de mon amour pour Dieu, mais je sais que la foi n’est pas un savoir de certitudes. Elle est une quête, un chemin vers la vérité, où chaque pas est un acte d’amour. Dans ‘Les âges de la vie’, les questions abondent, ébranlant et éclairant mon chemin, me rappelant que nous sommes tous créateurs dans un univers inachevé.
L’expérience est en elle-même fait signe. Je peux dire j’ai la Foi, je témoigne que Dieu est Amour, mais la Foi, la confiance n’est pas un savoir, un monde de certitude, je ne peux pas amener les autres vers cela, je ne peux même pas juger, je n’ai pas la vérité, mais je suis en chemin pour la chercher. Et la cherchant, je ressens l’amour de de non-mot « Dieu » qui nous a fait libres dans un univers volontairement inachevé afin que nous puissions participer à cette création. Et c’est ce que je sais que beaucoup d’entre vous faites que ce soit en écriture, peinture, danse, photo ou boulangerie, menuiserie, « charpenterie » enfin tout métier qui soit métier.
Je témoigne et l’expérience de lecture des « âges de la vie » selon Christiane Singer éclaire une nouvelle fois mon chemin, et la roue que je suis le construit en roulant, dans un mouvement, Éternel et sans être immortel.
L’éternité, c’est être hors du temps, c’est les embrasser tous, d’âge en âge, Éternel est son amour !
L’immortalité, c’est durer dans un temps toujours identique à lui-même sans création, c’est le vampire qui est immortel et qui doit se nourrir de vie pour continuer à consister.
Enfin, sur l’amour, depuis mon enfance, que ce soit avec mon père, ma mère, et puis plus tard, celle dont je suis l’époux, je regarde la personne et je vois un océan et je me demande d’où vient cet amour et je me vois alors simple surfer sur cet océan de l’amour que Dieu a pour chacun d’entre nous et nous tous.
Quand nous sommes ensemble, en assemblée de personnes libres, cet océan prend des milliers de couleurs. Nous sommes alors une assemblée délibérante, une Ecclésia pour les Grecs anciens, une église.
Je n’ai rien dis de ce que l’on trouve dans ce livre ?
Ah, bon ?
Alors allez-y, tentez l’expérience à votre tour.
Haïku
Livre, rencontre sacrée,
Dans la cathédrale, l’âme,
Éveil de l’esprit.
Tanka
Sous l’ombre des voûtes,
Échos d’un passé lointain,
Résonne la foi,
Chartres révèle ses secrets,
Lumière au cœur du chemin.
Sonnet ou presque
Dans les allées de Chartres, écho du divin,
La pierre et le vitrail murmurent l’ancien,
Sous la voûte céleste, mon cœur s’est éveillé,
Un chemin de lumière enfin révélé.
Dans ce sanctuaire où le passé se tisse,
Chaque pas résonne d’une profonde promesse,
Rocamadour, voie de pierre et de prière,
Où l’âme du pèlerin se libère.
L’apparition, film d’un soir d’hiver,
Allume un feu, un désir clair,
Retour à l’église, en larmes, émotions,
Au fond de l’âme, une révolution.
Sous la statue de Thérèse, reflet d’un destin,
S’ouvre le livre, un nouveau matin.