Vendredi 7h15

Vendredi. L’heure est de 7h15. Devant la discrète porte latérale de l’église, nous nous regroupons, une petite communauté de fidèles, prêts à entrer dans la chapelle pour notre oraison matinale. C’est un moment de recueillement profond, où chacun de nous, moi y compris, s’apprête à emprunter un chemin personnel, un sentier unique vers notre rencontre quotidienne avec Dieu.

Mon propre chemin débute toujours dans cette rue, juste devant la maison de Marie et Joseph. Je pénètre dans cette demeure sainte, saluant Marie à droite. Sainte Marie, la mère de Dieu, veille près de la fenêtre, attentive au moindre besoin d’une âme égarée, d’un oiseau ou d’un chien errant. Je la salue avec cette familiarité respectueuse, comme on saluerait la mère d’un ami d’enfance. Elle me rend mon sourire, me rappelant l’importance de ces échanges de courtoisie, ces petits gestes d’humanité qui maintiennent les liens du cœur.

Je passe ensuite devant l’atelier de Joseph, le charpentier, père terrestre de Jésus. Il est là, absorbé dans son travail sur un buffet. Derrière lui, dans l’ombre de l’atelier, deux poutres m’envahissent d’une tristesse insondable. Il me guide du regard vers le fond du couloir, qui mène à la petite basse-cour à l’arrière de la maison. Je traverse cet espace et me lance sur le sentier qui serpente à travers une brume lumineuse, en direction de la montagne. Lucifer, fidèle à son habitude, et sans que j’y accorde crédit, me propose son chemin. Je refuse, et il sourit, complice dans son échec.

Au cœur de cette brume, je rencontre toujours les six saintes : Marie-Madeleine, Jeanne d’Arc, Bernadette, Faustine, et les deux Thérèse, l’une grande, l’autre petite. Chacune, avec sa force particulière, m’aide à traverser cette brume, me guidant avec ses charismes propres. Puis, je m’échappe de la brume, je continue à grimper et parviens au belvédère, où se trouve un banc face à un arbre splendide, un chêne irradiant une lumière divine, plus éclatante que le soleil, mais d’une douceur plus tendre que celle du miel. De cet observatoire, je contemple la création, le sourire de Dieu, et je comprends qu’il a laissé son œuvre inachevée, afin que nous puissions y apposer nos propres actes, nos propres empreintes.

Jésus, mon ami, arrive et s’assoit à mes côtés. Ensemble, nous parlons comme de vieux compagnons, discutant de ceux que nous aimons et pleurant pour ceux qui souffrent. C’est un moment de communion profonde et sincère.

À 8h00, les premiers paroissiens commencent à arriver pour la messe. Mes pensées se tournent alors vers le texte que je souhaite écrire, un texte qui traduirait mes réflexions et mes sentiments.

9h00. De retour de la messe, je m’attelle à l’écriture de ce texte. Un texte de vérité, un témoignage de ma foi, de ma quête quotidienne de Dieu dans la tranquillité de la chapelle. Un texte qui parle de ce chemin que je parcours chaque matin, un chemin de prière, de rencontre et d’amitié divine.

Haïku

Silence matin,
Dans la brume, un chemin s’ouvre,
Dieu sourit, éclaire.

Tanka

Sous l’aube naissante,
Marie sourit, douceur pure,
Chemin dans la brume.
À la rencontre de Dieu,
Cœurs s’unissent en silence.

Sonnet bancale

Dans la fraîcheur de l’aube où la brume se lève,
Je marche vers la chapelle, âme en oraison,
Devant la maison sainte, je fais ma révérence,
Marie veille, son sourire est une bénédiction.

Joseph, dans son atelier, sculpte le bois ancien,
Je passe, le cœur lourd, vers les sentiers de lumière,
Où les saintes m’accompagnent, mains jointes, en chemin,
Guidé par leur sagesse, loin de l’ombre éphémère.

Au sommet, je m’assois près de l’arbre radieux,
Contemplant la création, dans sa splendeur infinie,
Jésus, mon ami, rejoint ce rendez-vous silencieux,
Ensemble, on parle, on pleure, l’âme de vie remplie.

Dans ce sanctuaire, où le divin se révèle,
Je trouve la paix, l’écho de l’éternelle étincelle.

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