Dans la citation, nous avons pratiquement toute la pensée de Becky Chambers :
« Nous n’avons rien trouvé que vous pourrez vendre. Nous n’avons rien trouvé d’utile. Nous n’avons trouvé aucune planète qu’on puisse coloniser facilement ou sans dilemme moral, si c’est un objectif important. Nous n’avons rien satisfait que la curiosité, rien gagné que du savoir.
Pour moi, ce sont les plus nobles des buts. Les gens qui nous ont fait décoller pensaient la même chose. Mais, si vous êtes d’accord, comprenez-vous que nous risquons d’échouer ? Il faut bien comprendre le prix à payer, la réalité de nos vies. Parfois nous partons, nous nous échinons, nous souffrons et, malgré tout, nous n’apprenons rien. Nous sommes fragiles. Est-ce nous que vous voulez là-haut ? Préféreriez-vous des machines limitées mais prévisibles ? Ou bien la flexibilité de l’intelligence humaine vaut-elle de peut-être briser nos corps et nos esprits ? »
Il y a dans cette citation d’Apprendre, si par bonheur quelque chose comme le cœur battant de la pensée de Becky Chambers : une profession de foi limpide, presque fragile, portée par la conviction que la connaissance, même dénuée d’utilité immédiate, demeure l’un des plus nobles accomplissements humains.
Ces mots rappellent que l’exploration n’est ni conquête ni promesse de richesse ; elle est un pari risqué sur notre propre vulnérabilité. Nous partons, dit-elle, sans certitude de trouver quoi que ce soit, sinon peut être la possibilité d’apprendre.
En lisant ces lignes, une clarté douce m’a traversé, comme une lampe qui s’allume dans une pièce longtemps restée familière mais sombre. Je me suis souvenu de mes premières traversées de la science‑fiction : La Faune de l’espace d’A. E. Van Vogt, découvert au début des années 70, mes lectures passionnées d’Asimov, puis cette révélation absolue qu’a été Dune.
La différence majeure avec ces lectures fondatrices réside dans l’ultra‑modernité de Becky Chambers. Elle avance dans le voyage spatial non pas comme une suite d’épreuves successives, mais comme une exploration profondément philosophique. Elle interroge ce que signifie observer sans intervenir, comprendre sans transformer, et défend cette règle absolue même si elle ne « sert à rien », parce que tout le reste en dépend.
Becky Chambers est à mes yeux l’une des grandes maîtresses de la science‑fiction contemporaine, et j’ai hâte de lire ses prochains romans.
Haïku
L’espace se déploie,
silence au bord des étoiles,
un souffle apprend.
Tanka
Voyage sans conquête,
juste apprendre et s’émerveiller.
La coque vibre lentement.
Dans l’ombre des nébuleuses,
naît la fragile conscience.
Trois autres haïkus
Livre entre les mains,
la nuit tourne les pages,
une âme s’ouvre.
Pas un bruit dehors,
mais au cœur du vaisseau clair
des mondes s’éveillent.
Observer le vide,
sans jamais le déranger,
respect en apesanteur.
🕊️😘
Génial c est clair elle est super. Merci du partage ça donne très envie d aller à la rencontre de ce nouvel ouvrage. ❤️❤️👏🏻❤️
bonjour, comment vas tu? merci pour ce partage. passe une belle soirée et à bientôt! ❄✨
Je vais intérieurement bien porté par ma foi et confiance et nourrissant l’espérance, toutefois le monde extérieur me voit angoissé, triste et en colère.
Et ce genre de livre me redonne de la lumière.