4 de feu : La participation

Il y a des jours où l’on croit que l’on ne compte plus.
Où l’absence pèse plus lourd que le corps, où l’on se surprend à marcher dans une maison vide comme on traverse un champ de ruines. Les voix des enfants se sont tues. L’aimée est partie, descendue dans la vallée voir une mère malade. Et tout semble suspendu.

Alors on tire une carte de l’ami Osho.
On tombe sur Participation. Le 4 de Feu du Tarot Zen d’Osho.
Et cette carte n’est pas douce, elle n’est pas apaisante.
Elle est une injonction.

Quatre figures en cercle, en offrande, mains ouvertes, tenant ensemble le feu comme on maintient une prière vivante. Elles ne sont pas seules. Elles forment un mandala vivant, un double Dorje : symbole d’union, d’énergie, de force partagée. Pas une fusion mièvre. Une danse. Une architecture sacrée faite de singularités en tension.

Cette carte dit ceci :
Tu n’es pas un atome solitaire.
Tu ne peux pas vivre sans offrir. Tu ne peux pas aimer sans te mêler.
La solitude peut être noble, mais elle n’est qu’un couloir vers le retour.
Le feu, lui, ne prend que lorsqu’on l’attise ensemble.

Participation, ce n’est pas l’agitation, ni la conformité.
C’est s’ancrer dans la création collective, être une part du tout, sans s’y dissoudre.
Refuser d’être simple témoin, spectateur cynique du monde qui brûle, et redevenir artisan. Membre. Maillon. Présence.

En ces temps de dissociation généralisée, où l’État bétonne la terre, empoisonne les arbres et criminalise les désirs de justice, cette carte parle d’une autre manière de résister : non pas s’éloigner, mais entrer dans le cercle.
Tenir la main tendue. Offrir sa voix. Apprendre à recevoir.
Être là — radicalement, activement, joyeusement.

Ce n’est pas la retraite qui sauve.
C’est l’incandescence du lien.

Rubaiyat – Le feu partagé

J’ai cru que m’isoler me rendrait plus pur,
Mais seul, mon feu devient cendre obscure.
C’est au cœur du cercle que brûle la vérité :
Le bras tendu, le souffle mêlé — là, je suis sûr.

Ghazal – Pour le retour

Je ne veux plus être pierre, je veux être pain.
Que mon corps s’émiette aux mains de demain.

Ceux qui s’aiment partagent la nuit et la braise,
Je veux l’attente, le froid, et la fin du chagrin.

Là-haut sur la montagne, je parle à l’absence,
Et le vent me répond : ne sois plus malin.

L’amour, ce n’est pas fuir avec des mots rares,
C’est se joindre au monde, comme vin au vin.

Elle reviendra, ma femme, avec ses silences,
Je lui tendrai ma voix, ma main, mon matin.

Haïku

Quatre corps en feu
Dansent dans le souffle unique
Et je tends les bras.

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