7 d’Eau : Les Projections

Un peu en réaction à mes colères d’hier, la carte du jour répond.

Qu’est-ce qu’un monde où chacun joue son propre film, superpose son écran mental sur une réalité qu’il ne veut pas voir ? Le 7 d’Eau, c’est une salle de cinéma collective où chacun projette ses attentes, ses colères, ses désirs inassouvis sur l’autre, et où personne ne regarde derrière l’écran, là où la lumière naît.

Dans cette carte, les visages se déforment, se mélangent, jusqu’à devenir méconnaissables. C’est l’histoire des trahisons politiques et des rêves brisés : on croyait voir des alliés, et l’on découvre des monstres façonnés par nos illusions. Le Parti Socialiste, ce cadavre qui refuse de pourrir, est une projection parfaite : nous avons voulu y voir une force de gauche, mais ce n’était qu’un mirage. Une ombre sur l’écran, et derrière, un projecteur alimenté par l’avidité et la lâcheté.

Projeter, c’est refuser de voir

Le 7 d’Eau me parle de ma propre colère, de ma propre trahison. Et si cette rage contre les Guedj et les Faure, contre ces marionnettes déguisées en révolutionnaires, n’était qu’un miroir de ma propre lâcheté ? Ai-je moi-même, parfois, « assumé » sans réfléchir, joué mon rôle dans cette comédie lugubre ? C’est cela qu’il faut explorer : non pas déverser sur l’autre le poison que je porte, mais l’accepter, le comprendre.

Car au fond, les projections sont des aveux : ce que je vois chez l’autre, c’est ce que je crains aussi d’être. Les monstres que je dessine sur le mur de mes colères sont les ombres de mes propres faiblesses. Ce PS que je conspue, n’est-il pas un peu le reflet d’une gauche intérieure que j’ai laissée s’éteindre ? Cette bourgeoisie que je méprise, n’est-elle pas tapie dans mes propres gestes, mes propres pensées ?

La lumière derrière l’écran

Le chemin pour sortir de ce cinéma mental, c’est de regarder derrière l’écran. Éteindre le projecteur. Voir le réel, sans les filtres de mes attentes ou de mes peurs. Cela demande une méditation profonde, un silence intérieur, une acceptation de mes propres contradictions. Car le 7 d’Eau me dit : cesse de projeter, et commence à voir.

Et alors, peut-être, je cesserai de haïr ces figures politiques pour ce qu’elles ne sont pas, et je me tournerai vers celles et ceux qui, dans l’ombre, agissent vraiment. Je retrouverai l’idée d’un « commun sacré », où l’union des luttes se fait dans la lumière, et non dans les jeux d’ombres.

Rubaiyat

L’écran ment, il déforme ce que l’œil sait,
Chaque visage un masque, chaque promesse un regret.
Derrière l’écran, la lumière attend, cachée,
Pour qui ose éteindre ses peurs, trouver la paix.

Ghazal

Un film projeté, mensonge d’un autre soir,
L’amour en reflet, et la haine qui s’égare.

Chaque monstre est mien, chaque ange aussi,
Dans la salle des vies, je joue ma propre histoire.

Les riches tremblent, mais qui les a nourris ?
Ce miroir brisé, c’est leur visage, c’est mon regard.

Un commun sacré, au-delà de l’écran,
Émerge des luttes, de nos failles, de l’espoir.

Je suis le projecteur, le spectateur, le jeu,
Je suis la lumière qui brille dans le noir.

Une réflexion sur “7 d’Eau : Les Projections

  1. Notre colère les maintient en Vie. J ai cette image finale de l hésitation de frodon à jeter l anneau et de la puissance de l amitié qui va l y aider ; et dans toutes ses hésitations un monde qui peut basculer a tout moment avec les aller retour sur les deux scènes : frodon face à son destin et les armées qui le soutiennent a l extérieur avec au centre le regard qui vacille.

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