L.E.SF : LIBERTÉ

Les personnes humaines naissent esclaves.
Esclave de la gravité
Esclave du climat
Esclave du relief
Esclave de la filiation
Esclave de la classe sociale
Esclave de l’éducation
Esclave de ses frustrations
Esclave de son ça
Esclave.

Liberté ?
Et pourtant
A chaque moment de sa vie
Cet instant éternel du choix
Le choix du long sentier inattendu
Ou le choix de la voie courte ?
L’instant du choix
Instant d’éternité.
Après la colère contre l’injuste
Choisir le chemin du pardon
De la conscience de l’injustice
De la promesse renouvelée ?
Aimer ?
Ou la voie de la vengeance
De la haine
De la réception immédiate du paiement ?

Un enfant
Il est six ans
Il a 600 francs en poche
Il va s’acheter la belle figurine de Lugia
En traversant la seine
L’enfant voix un vieux monsieur
Un vieil, ou peut-être pas vieux, clochard
Il s’arrête devant cet instant éternel
Il est en colère contre le monde
L’enfant qui est six ans.
Il sort ses 600 franc et les donne au monsieur
Il abandonne son Lugia
Et nous rentrons.
Lugia reviendra un jour
Autrement, par un sentier long
Il reste la marque d’un instant éternel de liberté
Et 21 ans après il nous le rappelle

La Liberté est là.

Quand le Jésus chasse les marchands du temple
Pas de vengeance, pas de haine.
Des animaux libérés et de l’argent renversé.
Certains marchands comprennent
Qu’en s’avançant ainsi ils avaient oublié,
Qu’ils avaient manqué leur cible
Qu’ils étaient à la frontière pour aider.
Ils y sont retournés, après avoir prié
Et s’être pardonné.
La liberté est là.
Plus de conscience

Liberté
J’écris ton nom sur mon mur Bleu

Lugia

Jet te pardonne (Harvey Weinstein) de Pierre Notte

PRÉAMBULE

* (lat. praeambulus «qui marche devant, qui précède» (ves.), dér. du class. ambulare «aller et venir, marcher».)

Je n’aime pas le Rond Point de Ribes. Je ressens ce gout de l’absurde proche d’un nihilisme sans âme ni avenir, un fossoyeur d’espoir. Alors que l’absurde de Ionesco ou de Beckett relevé d’un cri de souffrance après les deux grandes boucheries du 20ème siècle, il y avait des ces texte un appelle au sursaut humain.

L’absurde chez Ribes est facile, anticléricale de bas étage (loin du la messe au pendu de Georges Brassens, socialiste de l’espèce sociétaliste et méprisante pour ce qui n’est pas bourgeois drolatique, la bourgeoisie rieuse et teufeuse. Non, je n’aime pas la plupart des mises en scène et de ce qui est monté au Rond Point.

Pourtant je dois dire qu’il y a deux pièces qui m’ont touchées dans ce théatre. La première date d’une vingtaine d’année, c’était Médée Kali joué par Myriam Boyer à l’automne 2003. Et la deuxième est cette pièce dont je vais faire un retour.

LA PIÈCE

Avec Clément Walker-Viry, Marie Notte, Pauline Chagne et Pierre Notte

Nous sommes heureuses de retourner au théâtre ensemble avec mon épouse. Prendre le métro. Parcourir les couloirs. Sortir dans la rue et avoir le théâtre en ligne d’horizon. Marcher en se préparant à la pluie et ne pas l’avoir. Récupérer nos places. Boire un verre. Se vider la vessie. Regarder les autres. Sourire. Trouver que les toilettes sont toujours plus pratiques pour les messieurs que pour les dames, normal, les architectes sont des hommes

Et enfin entrer dans la salle. Après les quelques consignes de sécurité, l’arrivé des quatre comédien et le questionnaire improbable. Un questionnaire qui questionne aussi sur notre temps. L’une des questions, y a-t-il dans le publique des personnes qui ont assisté à un office religieux Chrétien, nous étions deux, ils demandent aussi pour les autres religions puis un peu de politique. Qui a reçu sa première dose ? Sa deuxième ? Sa deuxième avant sa première ?
Préambule* plutôt agréable pour des retrouvailles. Et puis la pièce.

Je ne vais pas vous la raconter, allez la voir. Sous la forme d’un procès de toutes une ère de domination patriarcale. Et cela avec la coloration cabaret avec la juste mesure de cabotinage léger et digestif ! Cette pièce, bien que d’un propos très différent, m’a évoqué Berthold Brecht « La Résistible Ascension d’Arturo Ui » ou « L’Opéra de quat’sous ». J’aime beaucoup cette écriture légère pour évoquer des sujets lourds et a la croisée du chemin pour un renouveau de l’humanité. Étrangement certains passages m’ont ramené à ma lecture de Laudato Si du Pape François, et sur la nécessité de transformer notre façon de regarder.

J’ai été fort impressionné par Marie Notte, elle a été mon petit coup de cœur. Pierre Notte m’avait déjà beaucoup plu dans L’Effort d’être spectateur (voir mon petit billet dessus) et c’est pourquoi j’avais accepté de retourner au Rond Point.

Et

Je terminerais sur un passage de l’entretien de Pierre Notte avec lui-même :

Le titre est déjà ambigu. Vous trouvez ça drôle ?

Si le titre vous met mal à l’aise, j’aurais réussi au moins ça. L’espace du cabaret est un refuge de monstres, de mal-nés, de gens qui doutent et qui s’inquiètent, qui se réunissent là pour déjouer les peurs et les angoisses.

Et enfin

Et puis comme j’en ai parlé au début :

Le Tigre, le Cafard et le Lion

Merci à Rob EDELJI, il se reconnaitra

« JE »

Une image est un élément extérieur qui me pénètre sournoisement par les yeux.

Le cafard sifflant dit au tigre :
— L’herbe est bleue.
Le tigre rétorque :
— Non, l’herbe est verte.
La dispute s’envenime, et tous deux décident de la soumettre à l’arbitrage du lion, « le roi » de la jungle.
Bien avant d’atteindre la clairière, où le lion se reposait, le cafard sifflant se met à crier :
— Votre Altesse, n’est-ce pas que l’herbe est bleue ?
Le lion lui répond:
— Effectivement, l’herbe est bleue.
Le cafard siffleur se précipite et insiste :
— Le tigre n’est pas d’accord avec moi, il me contredit et cela m’ennuie, s’il vous plaît, punissez-le.
Le lion déclare alors :
— Le tigre sera puni de 5 ans de silence.
Le cafard sifflant sauta joyeusement et continua son chemin, heureux et répétant :
— L’herbe est bleue…

Le tigre accepta sa punition, mais demanda une explication au lion :
— Votre Altesse, pourquoi m’avoir puni, après tout l’herbe est verte.
Le lion lui dit :
— En effet, l’herbe est verte.
Le tigre surprit, demande :
— Alors pourquoi me punissez-vous?
Le lion lui explique alors :
— Cela n’a rien à voir avec la question de savoir si l’herbe est bleue ou verte. La punition arrive parce qu’il n’est pas possible qu’une créature courageuse et intelligente comme toi perde son temps à discuter avec un cafard.
La pire perte de temps est de discuter avec un fou et un fanatique qui ne se soucie pas de la vérité ou de la réalité, mais seulement de la victoire de ses croyances et de ses illusions. Ne perdez jamais de temps dans des arguments qui n’ont aucun sens.
Il y a des gens qui, quelles que soient les preuves que nous leur présentons, ne sont pas en mesure de comprendre, et d’autres sont aveuglés par leur ego, leur haine et leur ressentiment, et la seule chose qu’ils souhaitent, c’est d’avoir raison même s’ils ont tort.

Quand l’ignorance crie, l’intelligence se tait.
Notre paix et notre tranquillité n’ont pas de prix.


« JE »

Un texte est une caresse qui excite mon désir et mon imagination au plus profond de moi. Alors se créent mes images intérieures qui respectent l’être singulier mais relié aux autres que « JE » est.
« JE » EST VRAIMENT UN AUTRE…