Nymphéas Noirs par Michel Bussi

Secret versus Mystère

Je pratique le Kendo. L’une des partie d’un cours est le geiko. Le geiko est une forme de combat sans arbitrages ou les deux partenaires-adversaires (aite en japonnais) se rencontre et se mettent d’accord pour reconnaitre la fin d’un échange. Un échange, une passe d’arme se termine toujours par ippon (un point marqué), aiuchi (point simultanée) hikiwake (match nul). Je rencontre deux types d’aite. Ceux à secrets et ceux à mystères. Les adversaires à secret prépare mentalement et physiquement un terrain fait de cachoterie et de secret. Quand il marque ippon, c’est souvent spectaculaire et vous laisse un sentiment de frustration. Les partenaires à mystère, sont complétement et totalement attentif à votre personne, ils sont avec vous. Lorsqu’il marque un ippon, c’est qu’il ont senti l’ouverture que vous aviez laissé. Ces personne là vous laisse alors un sentiment de joie, car vous avez appris sur vous même. De même il y a des romancier.e.s a secrets et des romancier.e.s à mystère. Un.e romancier.e à secret, joue avec vous, joue avec votre impatience, vous met des fausses pistes, de l’action, détourne votre attention, vous perd un peu. La révélation finale et sa construction vers cette révélation, sont plus important pour lui que la profondeur des personnages. Bien souvent on accélère sa lecture pour arriver à la fin, à la révélation. Elle est souvent spectaculaire et nous arrache un waouh, cependant elle me laisse quand un sentiment de frustration. Un.e romancier.e à mystère, ayant donné naissance à des personnages, ces derniers finissent par prendre possession de l’écrivain et il s’impose alors à lui. ‘écrivain doit s’abandonner à ses personnages. Pour nous lecteur ont vit une expérience avec des personnages que l’on n’a pas envie de quitter, on ralentis sa lecture pour rester le plus longtemps possible avec eux. La fin nous laisse un sentiment de joie et comme une nouvelle connaissance de soi même. Pour moi Franck Herbert, Anne Vassivière, Fred Vargas, Flaubert, Tolstoï, Proust sont des romanciers à mystères.

Et Michel Bussi

Et bien voilà où je voulais en venir avec Nymphéas noirs de Michel Bussi, je me suis retrouver typiquement dans un roman à secret. La fin est spectaculaire, on s’est bien fait avoir en tant que lecteur, mais je n’ai pas eu la sensation de vivre avec de vrais personnages. et cela me laisse un grand sentiment de frustration. L’écrivain est bon, mais il n’est pas ce que j’attends d’un écrivain, d’une écrivaine.

La citation qui aurait pu me faire arrêter

« …Le roman était même suffisamment bien fichu pour penser qu’au final, c’était le chat l’assassin pour qu’on puisse penser qu’au final, c’était le chat l’assassin. bon, je ne vais pas gâcher votre plaisir, je ne vous dévoile pas la fin, vous le lirez, si vous en avez l’occasion… C’était juste pour vous expliquer ce que j’ai l’intention de faire : devenir un témoin de cette affaire aussi insoupçonnable que le chat de mon manoir. » Je n’aime pas qu’un auteur s’adresse à son lecteur, cela me fait sortir. Comme au théâtre je n’aime pas les acteurs qui font des clins d’œil au spectateur.

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